Château de Nouâtre

Le nom du château de Nouâtre est mentionné pour la première fois en 925, à l’occasion d’un jugement de Dieu sous la forme « Nogastrum castrum », c’est-à-dire « le château appelé Nogastrum », Nogastrum venant soit de Nocastrum (le nouveau château) soit, plus probablement de Nucastrum (le château des noyers sauvages).

Le château en 1934 (Revue du Touring-club)

Ce jugement de Dieu eut lieu dans le château de Nouâtre, à la suite d’un conflit entre les curés de Antogny-le-Tillac et de Pussigny à propos des dîmes de Faye-la-Vineuse ; l’épreuve consistait à parcourir 9 pieds (soit 3 mètres environ) en tenant dans la main un fer rougi au feu. Le plaignant : le curé d’Antogny, désigna un champion qui observa les consignes puis fut enfermé trois jours dans un cachot du château ; on constata ensuite que l’homme n’avait aucune trace de brûlure et le curé d’Antogny fut déclaré le légitime propriétaire des dîmes contestées ! J’espère qu’il récompensa en conséquence celui qui l’avait remplacé dans cette ordalie ou  jugement de Dieu !

le château en 2009

Ce château était vraisemblablement un édifice fortifié, en bois, construit sur une motte castrale : butte circulaire de terre rapportée, entourée d’un fossé.

Un « nouveau château » fut édifié en pierre, par Foulques Nerra (voir Gens de Nouâtre) au 11ème siècle et utilisé tel quel jusqu’au 15ème siècle, époque où il fut en grande partie reconstruit par Jean d’Estouteville (voir Gens de Nouâtre) puis par Jean du Fou (voir Gens de Nouâtre).

Plan du château

Outre le château, le système défensif de Nouâtre comprenait un donjon, qui se trouvait à la pointe du triangle formé par les douves, sur une motte encore bien visible au 19ème siècle mais qui a été détruite et utilisée pour rehausser la route lors de la construction du premier pont et on ne voit plus maintenant que quelques traces dans une ancienne ferme appelée improprement La Ferme du temple ainsi qu’un autre fort, sur la rive gauche de la Vienne : le château de la Motte.

L’ensemble était protégé par des douves alimentées par le Biez qui fut divisé pour protéger le donjon et par des fortifications ; l’entrée des fortifications était défendue par un fortin, lui-même entouré de douves et de murs, situé à la Pierre du Faon (voir ci-après). L’ensemble des fortifications englobait l’église, des basses-cours, des logements, des granges, un moulin banal, etc.

Le château lui-même était formé de trois grosses tours circulaires, aux angles des murailles : son entrée, protégée par deux petites tours était sur le mur sud, perpendiculaire à la Vienne ; un pont-levis, dont il reste quelques traces, permettait d’y accéder ; à l’intérieur du château (transformé en jardin), il ne reste qu’un puits, qui aboutissait dans une citerne, vaste salle voutée, dans laquelle on peut maintenant entrer grâce à une ouverture située sous l’ancien pont-levis et grossièrement percée, sans doute au moment de la construction de la maison.

Château et église en 1990

Les restes actuels sont ceux de l’ancien château de Foulques Nerra, en grande partie reconstruit au 15ème siècle ; En 1483, dans un aveu qu’il rend au nouveau roi Charles VIII, Jean du Fou parle de « la ville de Noastre, anciennement close et fermée » qui contenait, outre l’enceinte du château, « l’hostel de Pierre de Faon, entièrement fermé, vallé et circuité de grandes murailles » avec des chapelles et un pigeonnier.

Château et église en 2009

Après la Révolution, le château fut vendu comme bien national à un certain Pierre Jahan « ci-devant employé dans les gabelles » mais laissé à l’abandon, il servit de carrière de pierre et se détériora rapidement.

Château et église en 2013

Ce château, actuellement propriété de Monsieur Hélier Bazir et de son épouse, arrière-petite-fille d’Alphonse Ligeard, qui construisit au 19ème siècle la maison située au pied du château, commença à être nettoyé dans les années 1990 par les membres d’une association créée par Henri Burin et André Boutault (voir Gens de Nouâtre) mais faute d’avoir pu obtenir un bail emphytéotique, la municipalité abandonna les travaux.

Vestiges de l’ancien donjon (2009)

4 ont commenté “4. Lieux de Nouâtre

  • a écrit le :

    Bonjour
    J’habite dans ‘une ancienne ferme appelée improprement La Ferme du temple’….vous serez tres bienvenue chez nous, l’ancien donjon est maintenant un peu plus visible…je serais interesse a savoir s’il y a un nom ancien de notre ferme…j’ai vue quelques part que le nom de la rue vers Noyers s’appelle ‘rue du Temple’
    Cordialement
    Roger Dawes
    0247653238

    Répondre
  • a écrit le :

    Non, je ne connais pas l’ancien nom de cette ferme, dont une partie a été construite sur l’ancien moulin banal de Nouâtre. Je ne connais pas non plus la « rue du Temple » ; il existe par contre la « rue du moulin du Temple » qui rappelle l’ancien moulin des Templiers, aujourd’hui ferme transformée en maison d’habitation située dans le prolongement de l’allée romaine.

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  • C. NICOLAS a écrit le :

    Est-il possible de visiter l’église de Noyers ?

    Répondre

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