EN HAUTE-VIENNE : DE NEDDE À LIMOGES

Nedde

Porte d’entrée de la Vienne en Haute-Vienne, Nedde est située en bordure occidentale du plateau de Millevaches, non loin du lac de Vassivière : lac artificiel créé par la construction d’un barrage situé sur la Maulde, affluent de la Vienne.

La Vienne, devant Nedde (nov. 2017)
La Vienne, devant Nedde (nov. 2017)

À partir du 16ème siècle, la seigneurie appartint à la famille de Pierre-Buffière, également seigneur de La Celle-Saint-Avant. On peut y voir l’église Saint-Martin, du 13ème siècle ainsi que le château, construit sous le règne d’Henri IV sur l’emplacement d’une bâtisse médiévale.

 

 

La Vienne à Nedde (nov. 2017)
La Vienne à Nedde (nov. 2017)

Eymoutiers

Eymoutiers, située sur la Vienne, à 49 km au sud-est de Limoges, fait partie du parc naturel régional de Millevaches. En 1881, la ligne de chemin de fer est ouverte entre Limoges et Eymoutiers. Il faudra attendre 1883 pour  voir la réalisation du pont métallique au-dessus de la Vienne et le prolongement de la ligne vers Ussel. Ce toponyme vient d’Ayen-Moutiers « le monastère sous la colline », contracté en Aymoutiers puis Eymoutiers, un couvent ayant été construit autour de l’église près de laquelle Saint Psalmet aurait été inhumé vers 630.

La Vienne à Eymoutiers (nov. 2017)
La Vienne à Eymoutiers (nov. 2017)

À partir du 11ème siècle, se développa sur les bords de la Vienne la corporation des tanneurs d’où les habitants d’Eymoutiers tiennent leur nom : les « pelauds » (ceux qui pèlent la peau). On peut y voir la collégiale Saint-Étienne dont le chœur gothique possède de magnifiques vitraux du 15ème siècle et la tour d’Ayen du 16ème siècle. Belle ville, un peu morte cependant, car il m’a été impossible d’y trouver un hôtel ouvert, le 1er novembre 2017 !

La Vienne à Eymotiers, avec le pont de chemin de fer (nov. 2017)
La Vienne à Eymotiers, avec le pont de chemin de fer (nov. 2017)

Saint-Léonard de Noblat

Confluent de la Vienne, au premier plan, et de la Maulde (nov. 2017)
Confluent de la Vienne, au premier plan, et de la Maulde (nov. 2017)

Après Eymoutiers, la Vienne coule, pendant une trentaine de km dans une région accidentée et peu habitée ; on ne la retrouve, sur la commune de Saint-Léonard de Noblat, qu’à son confluent avec la Maulde, sur lequel plusieurs barrages ont été édifiés, dont celui de Bujaleuf et celui de l’Artige, près duquel le prieuré de l’Artige aux moines fut fondé au 12ème siècle.

La Vienne à Farebout (nov. 2017)
La Vienne à Farebout (nov. 2017)

Après ce confluent, la D 39A longe, sur la rive droite, la rivière, qui peut être admirée à Farebout puis au Moulin de Beaufort, avant d’arriver dans le centre de la commune.

La Vienne à Beaufort (nov. 2017)
La Vienne à Beaufort (nov. 2017)

Il y avait là, dans l’antiquité, un gué permettant à la voie gallo-romaine Bordeaux-Bourges de franchir la Vienne, non loin de l’ancien oppidum principal des Lémovices à Villejoubert.

La Vienne à Saint-Léornard de Noblat (nov. 2017)
La Vienne et l’ancien pont ayant remplacé le gué à Saint-Léonard de Noblat (nov. 2017)

Au 11ème siècle, l’évêque de Limoges, seigneur de la ville, y fit construire une importante collégiale autour du tombeau de l’ermite Saint Léonard, ancien compagnon de Clovis et patron des prisonniers (selon une biographie écrite au 11ème siècle) car le village était sur la voie limousine de Compostelle.

La Vienne à Saint-Léornard de Noblat (sept. 2010)
La Vienne à Saint-Léonard de Noblat (sept. 2010) 

Royères

Royères doit son nom au royer, autre nom du chêne rouvre. Dans le hameau de Brignac, au bord de la Vienne, un château présente une architecture remarquable avec l’aile ouest du 15ème siècle et l’aile au midi du 18ème siècle.

La Vienne au moulin de Brignac (nov. 2017)
La Vienne au moulin de Brignac (nov. 2017)

Là aussi, un barrage alimentait un Moulin à farine, fermé en 1936, qui faisait du papier paille, utilisé pour l’emballage et une Papeterie, fondée au 17ème siècle, qui   a cessé son activité en 1911.

Le château de Brignac, à Royère (nov. 2017)
Le château de Brignac, à Royère (nov. 2017)

Saint-Priest Taurion

Le premier nom de la commune fut Sanctus Praejectus Les Olières : Saint Priest, étant évêque de Clermont-Ferrand au 7ème siècle et « les olières » faisant référence aux potiers fabriquant vases et récipients avec l’argile de la Vienne et du Taurion qui la rejoint un peu en aval, au lieu-dit-Les Moulins.

Confluent du Taurion, au premier plan, et de la Vienne (nov. 2017)
Confluent du Taurion, au premier plan, et de la Vienne (nov. 2017)

Plusieurs sépultures gallo-romaines ont été découvertes à la Martinerie, où passait la via Agrippa, qui reliait Lyon (Lugdunum) à Saintes (Mediolanum Santonum) via Limoges.

La Vienne à Saint-Priest-Taurion (nov. 2017)
La Vienne à Saint-Priest-Taurion (nov. 2017)

Le Palais-sur-Vienne

Ancienne villa gallo-romaine appelée Jocondiacum (domaine de Jocondus), le palais carolingien de Jocondiac, attesté dès 793 par un diplôme du roi d’Aquitaine Louis le Pieux qui y organisa en 832 un grand plaid où il vint avec son jeune fils Charles le Chauve, a donné son nom à cette commune. Par la suite, la paroisse parviendra dans le patrimoine des templiers jusqu’en 1307, puis à l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem jusqu’à la Révolution. Le presbytère actuel serait un reste du « château » siège du commandeur.

La Vienne au Palais-sur-Vienne (nov. 2017)
La Vienne au Palais-sur-Vienne (nov. 2017)

Panazol

La commune de Panazol est établie entre deux vallées : celle de la Vienne, qui sépare Panazol d’une partie des communes de Limoges et du Palais-sur-Vienne et celle de l’Auzette, qui la sépare de la commune de Feytiat. Le bourg commença à prendre de l’importance par le passage de la via Lemovicensis, une des routes de pèlerinage vers Saint-Jacques-de-CompostelleOn peut y voir le château de la Quintaine, du 15ème siècle et l’église Saint-Pierre-ès-Liens des 13ème et 15ème siècles.

La Vienne à Panazol (photo le Guide Tourisme)
La Vienne à Panazol (photo le Guide Tourisme)

Limoges

Située au carrefour de la Via Agrippa, et de la route allant d’Avaricum (Bourges) à Tolosa (Toulouse), Limoges, fondée à la fin du 1er siècle sous le nom d’Augustoritum (le gué d’Auguste), à l’emplacement d’un petit site gaulois, où il était possible de passer la Vienne à gué, prit au 4ème siècle le nom de Civitas Lemovicum (la cité des Lémovices).

La Vienne à Limoges
La Vienne à Limoges

À partir du 12ème siècle, Limoges, devient l’une des principales villes de la dot d’Aliénor d’Aquitaine. Richard Cœur de Lion y est couronné duc d’Aquitaine en 1172. À la tête de l’empire Plantagenêt, le roi-chevalier meurt en avril 1199 à Châlus, place-forte défendant l’accès sud-ouest de Limoges, lors d’une expédition punitive contre son vicomte, Adémar V de Limoges.

La Vienne au pont Saint-Martial, en 1900
La Vienne au pont Saint-Martial, en 1900

Le pont Saint-Martial a été construit en 1215 sur les bases d’un pont gallo-romain, situé en contrebas de l’ancien forum gallo-romain afin de traverser à sec la Vienne et de faciliter ainsi les échanges avec le sud de la Gaule. En 1182, Henri II Plantagenêt, roi d’Angleterre, duc d’Aquitaine et donc suzerain de Limoges, fit détruire le pont gallo-romain pour punir la cité de son infidélité. Le pont ne fut reconstruit que vingt-trois ans plus tard sur les bases de l’édifice antique. Au Moyen Âge, lorsque la ville de Limoges se retrouva coupée en deux (la Cité et le Château), les habitants du quartier de la cathédrale (la Cité) se retrouvèrent dépendants du vieux pont Saint-Martial et décidèrent de construire le pont Saint-Étienne afin de ne plus être tributaires du Château.

La Vienne au pont Saint-Martial (nov. 2017)
La Vienne au pont Saint-Martial (nov. 2017)

Durant la période industrielle, la Vienne était utilisée pour le flottage des bois d’œuvre et de chauffage, en provenance de la forêt limousine. Ces bois, débités aux dimensions marchandes, descendaient la rivière sous forme de trains ou en bûches perdues. Le pont Saint-Étienne marquait la limite du flottage des bois. Ceux-ci étaient arrêtés en amont du pont par de solides « ramiers », constitués de pièces de charpentes, construits vers 1760 et détruits en 1897.

La Vienne à Limoges (nov. 2017)
La Vienne à Limoges (nov. 2017)

Une personne a commenté “Parcours de la Vienne

  • LECHEVALIER Michèle a écrit le :

    Super Pierre-Marie, cela donne envie de faire le même parcours. J’ai pas encore tout regardé mais bravo pour ce cheminement et ces si belles photos.

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