À propos de Nicole Buresi voir 

http://www.chevre-feuille.fr/les-auteures/106-les-auteures/406-nicole-buresi.html

http://www.lescygnes.fr/1-THEATRE.3.html

Absent/Présent

 

Tu marches dans la campagne. Tu marches dans la montagne. Tu avances. Vers quels lendemains qui ont cessé de chanter ? Tu ne veux pas te retourner, t’apitoyer sur toi. Tu ne veux rien pour toi. Tu pleures sur les autres. Sur cette petite sœur, toute petite sœur, perdue si tôt. Sur cette autre petite fille morte au Brésil, faute de soins ; sur tous ces enfants, sur tous ces gens, dont le malheur enrichit quelques-uns.

C’est toi présent qui remplis la maison. Ton bureau où tu es si souvent, penché sur des copies ou sur des livres, avec ta façon d’ajuster tes lunettes rondes cerclées, de te tourner vers l’autre pour partager les trésors que tu viens de découvrir. Ta bouche qui s’arrondit, tes sourcils qui remontent très haut, se hissent entre les yeux et retombent bas sur les tempes.

Toi dans le jardin, penché sur tes plants de tomates, enlevant les gourmands, redressant une tige, arrosant le cerisier, dégrossissant les pyracanthas, donnant aux tortues leur salade quotidienne …

Pendue au garage, ta vieille doudoune blanche. Trop petite, rétrécie au lavage, doux nid d’ange des siestes improvisées : elle avait ton odeur, un peu de ta chaleur ; alors, rassuré, le récalcitrant plongeait dans un sommeil douillet. Elle garde encore tout cela, et peut-être son pouvoir magique.

Combat

 

Amère la mer qui m’a menée jusqu’à toi.

Amère l’ultime vague de combat qui m’a laissée gémissante

Sur le rivage

À la merci de tes soins absents

Algues enlaçantes et lisses à mes flancs tout fourbus !

Amère la mère qui m’a donné la vie

Amère la coupe à boire jusqu’à la lie

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