10- Frédéric Mistral


Mistral est né, on le sait, à Maillane, dans les Bouches du Rhône en 1830 mais il passa une grande partie de sa jeunesse à Avignon car dès 1842 il fut mis en pension à Avignon.

On le plaça d’abord dans une pension qui se trouvait au n°7 rue Pétramale : celle de Monsieur Millet qui « tous les jours, vers les cinq heures, allait lire la gazette au café Baretta, – qu’il appelait le « Café des Animaux parlants ». Ce café était au n° 12, place Saint Didier, et on dit que Napoléon Bonaparte, capitaine d’artillerie à Avignon en 1793, y laissa en partant une dette de 60 francs.

Dessin de Mistral jeune

Mistral fut ensuite changé de pension et alla dans la pension Dupuy qui était rue de l’hôpital (aujourd’hui n°7 rue Pasteur) où il fit alors la connaissance de Roumanille et de Mathieu. Il est alors élève au Collège Royal (qui deviendra le lycée impérial), où, en seconde, il a comme professeur «M. Lamy, un classique rageur, qui avait en horreur le renouveau de Victor Hugo ».

La pension Dupuy
La pension Dupuy


Mallarmé rencontre Frédéric Mistral pour la première fois en août 1864, dans cette Maison du lézard où Mistral vivait avec sa mère. Ce dernier, déjà très célèbre, le reçut sans doute assez mal, car le 17 août 1866, après une seconde visite, Mallarmé écrit à sa femme : « j’ai été visiter Mistral à Maillane et passé une charmante journée, car il m’a, cette fois, parfaitement reçu. »

La Maison du lézard à Maillane où Mistral vécut avec sa mère Adélaïde de 1855 à 1876

À partir de cette époque les deux hommes se voient assez souvent et se tutoient mais dans une lettre à Henri Cazalis (du 14 mai 1867) Mallarmé écrit, à propos de Calendal, qui vient d’être publié « J’ai lu ces temps-ci le poème de Mistral que je n’ai pas lu plus tôt, mais qui m’a semblé vraiment faible ».

Mistral, de son côté, n’apprécie guère la poésie de Mallarmé. Dans un article, intitulé Une visite à Mistral et paru dans Le Figaro du 8 août 1897, le journaliste Charles Formentin interroge le maître sur « quelques uns de nos contemporains qui écrivent en français ». Après avoir parlé, en mal, de Zola, Mistral poursuit, en parlant de Mallarmé : « Oh ! Celui-là est impardonnable. Après avoir été longtemps professeur au lycée d’Avignon, il est parti sans savoir ce qu’est la clarté. (…) Ses admirateurs, dit-on, le trouvent sublime ; moi je me contente de le trouver compact, incohérent et obscur. » Mais Mistral désavoua ces propos.

Le 1er novembre 1873 Mallarmé proposa à Mistral, qui refusa poliment, de faire partie de La société internationale des poètes que Mallarmé vient de créer avec des amis. Néanmoins le 27 octobre 1879 Mistral écrivit à Mallarmé pour lui présenter ses condoléances après la mort de Anatole et il ajouta : « vous me rappelez une des périodes les plus charmantes et les plus douces de ma vie ; et votre exceptionnelle nature de rêveur, si profonde, si naïve et si sympathique, est restée devant mes yeux comme une vision bien-aimée. »

Outre Mirèio (1859) et Calendau (1867) et d’autres œuvres poétiques, Mistral publia aussi ses mémoires sous le titre : Moun Espelido. Memòri e Raconte (Mes origines. Méoires et Récits) (1906) ainsi qu’une importante œuvre lexicographique : Lou Tresor dóu Felibrige (1878-1886). Prix Nobel de littérature en 1904, il consacra le montant de ce prix à la création du Musée Arlaten à Arles.

Le musée Arlaten
Le musée Arlaten

Ce musée, créé en 1899 par Mistral dans les locaux de l’ancien tribunal de Commerce d’Arles (rue de la République, ex rue Royale) fut transféré en 1906, grâce à l’argent du prix Nobel, cent mètres plus loin, dans l’ancien hôtel Laval-Castellane (15ème) construit sur les vestiges du forum romain. L’inauguration eut lieu en 1909 pour le cinquantenaire de Mirèio ; à cette occasion une statue de Mistral fut dressée sur la Place du forum et Mistral lui-même eut droit à un véritable triomphe dans l’amphithéâtre antique.

Il mourut en 1914 et fut, avec Alphonse Tavan, le dernier survivant des fondateurs du Félibrige

photographie de Mistral vieux

En 1875 Mallarmé, qui, à cette époque, écrivait des articles littéraires intitulés gossips (bavardages) pour une revue londonienne l’Athenaeum fit des gossips sur Frédéric Mistral, Félix Gras et Alphonse Tavan

6 ont commenté “13- Mallarmé et les félibres

  • FABRE a écrit le :

    Je recherche le discours, en occitan, prononcé par Ernest FERROUL maire de Narbonne en 1912 pour la Sainte Estelle qui eut lieu dans sa ville.

    Où le trouver?

    Merci de votre aide
    Pierre FABRE

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  • a écrit le :

    Well written article.

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  • a écrit le :

    A une époque où il est très facile « d’annexer » des personnalités très complexes comme MALLARME ou DEBUSSY et CEZANNE pour en faire les parangons de la modernité idéologisée il est sain de replaçer leur oeuvre comme leur personne dans le contexte de leur époque:: ils avaient ,de surcroit, des LIENS AUTHENTIQUES et des Attaches puissantes à leur Pays et à leur Terre ce qui aujourd’hui n’est plus véritablement de mode mais ,au contraire, quasiment banni sinon condamné! LE CARDONNEL fut un grand ami de ma famille à VALENCE : il était un Poète authentique et un homme simple dévoré par la FOI, je mettrai en ligne à nouveau, quelques manuscrits inédits de lui, rédigés rue des moulins à l’époque où il était hebergé chez les Trinitaires dans l’ancienne villa GENEST…

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  • nicolas a écrit le :

    Bonjour , je voudrais savoir oû trouver des extraits de receuilles de JOSEPH ROUMANILLE

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  • Bouisson Michel a écrit le :

    Toutes les rééditions, l’intégrale des oeuvres de Joseph Roumanille sur le catalogue du CREDD’O, 12 ave Auguste CHABAUD, 13690 GRAVESON, tél. 04 32 61 94 06 / 06 87 31 11 03, ass.creddo@wanadoo.fr, http://www.creddo.info

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  • Alain Guingal a écrit le :

    Comment peut on voir meme de l extérieur cette villa des chênes verts.?Etant Avignonais je vois de loin cette magnifique demeure,qu hélas les monuments historiques ne cherchent pas à mettre en valeur…..une honte.

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