12- Autres poètes et écrivains provençaux

Mallarmé fut aussi en relation avec Marius André et Louis le Cardonnel.

Marius André naît à Saint-Cécile les vignes en 1868 ; en 1880 son père s’établit marchand drapier au n°30 rue Galante à Avignon) ; il meurt à Paris en 1927). Alors étudiant aux Beaux Arts de Lyon, Marius André écrit à Mallarmé en janvier 1888, « heureux et fier de faire savoir au Poète qu’on l’aime » et lui envoie le poème Velléda qui lui est dédicacé ; le 27 février Mallarmé lui répond « vos vers (…) sont d’un jet franc avec parfois, ce qui surprend, une fioriture toute récente ». Peu après Marius André demande un poème à Mallarmé pour la revue Le Faune qu’il allait fonder à Valence, avec Louis Le Cardonnel.

André Marius


Sensible au titre de cette revue, Mallarmé envoya le poème La chevelure vol d’une flamme qui parut dans le premier numéro de cette revue, le 20 mars 1889.

Lauréat des grands jeux floraux en 1892 et félibre majoral en 1918, Marius André publia Plòu et Soulèio (il pleut et il fait soleil) en 1890 et La Glòri d’Esclarmoundo (la Gloire d’Esclarmonde) en 1894. Il fréquenta alors les mardis de la rue de Rome.


L’abbé Louis le Cardonnel : Né à Valence en 1862, prêtre et poète symboliste ; Ses relations avec Mallarmé commencèrent en 1882 et c’est lui qui présenta Jean Moréas à Mallarmé vers 1884 ; en 1893, il fit paraître dans la revue Parti National un article sur Vers et Prose où il écrit : « C’est pour avoir cherché à rendre, dans toute sa complexité riche et rapide, le monde qui s’agite en lui, que Stéphane Mallarmé a été conduit à cette forme sibylline. (…) Ceux-là pourtant à qui l’œuvre de Mallarmé demeure close seraient peut-être séduits par l’extraordinaire causeur qui est en lui (…). Personne en effet n’a entendu Mallarmé, ne fût-ce qu’une fois, sans remarquer l’abondance des choses que chacun de ses mots, comme un éclair, fait surgir à l’horizon de l’esprit. Ce sont des formules ramassées, que leur concision fait souvent paraître paradoxales. Mais un sourire, un geste, achèvent d’énoncer la théorie. »

Statue de Mistral (Place Louis le Cardonnel. Avignon)

Louis le Cardonnel fut ordonné prêtre en 1896 ; il publia notamment Poèmes (1904) et Du Rhône à l’Arno (1920). Il mourut en 1932 au Palais du Roure où Jeanne de Flandreysy l’avait recueilli.

Louis Le Cardonnel en 1924
Louis Le Cardonnel en 1924


Mallarmé connut aussi Pierre Devoluy et Louis Roumieux.

De son vrai nom Paul Gros-Long, Pierre Devoluy (1862-1932), polytechnicien et poète fut l’auteur d’une Histoire nationale de la Provence et du Midi. Né à Châtillon en Diois, il s’installa à Avignon en 1895. et devint le 4ème capoulié du Félibrige en 1899 à la mort de Félix Gras.

Devoluy Pierre


Louis Roumieux né à Nîmes en 1829, connu sous le nom de félibre de la Tour Magne ; mort à Nîmes en 1894. Une de ses filles (née en 1861) eut Mistral pour parrain et on dit qu’il fallut toute la persuasion du poète pour que la fillette puisse être baptisée sous le nom de Mireille, prénom que nulle sainte n’avait porté ! Il fut l’un des rares auteurs de comédies provençales, notamment de Quan vòu Prendre dos Lèbre à la Fes n’en Pren gès (Quand on veut prendre deux lièvres à la fois on n’en prend guère) (1862) et de La Bisca (le dépit) (1878), inspiré de Molière. Il devint félibre majoral en 1876.

Roumieux Louis

6 ont commenté “13- Mallarmé et les félibres

  • FABRE a écrit le :

    Je recherche le discours, en occitan, prononcé par Ernest FERROUL maire de Narbonne en 1912 pour la Sainte Estelle qui eut lieu dans sa ville.

    Où le trouver?

    Merci de votre aide
    Pierre FABRE

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  • a écrit le :

    Well written article.

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  • a écrit le :

    A une époque où il est très facile « d’annexer » des personnalités très complexes comme MALLARME ou DEBUSSY et CEZANNE pour en faire les parangons de la modernité idéologisée il est sain de replaçer leur oeuvre comme leur personne dans le contexte de leur époque:: ils avaient ,de surcroit, des LIENS AUTHENTIQUES et des Attaches puissantes à leur Pays et à leur Terre ce qui aujourd’hui n’est plus véritablement de mode mais ,au contraire, quasiment banni sinon condamné! LE CARDONNEL fut un grand ami de ma famille à VALENCE : il était un Poète authentique et un homme simple dévoré par la FOI, je mettrai en ligne à nouveau, quelques manuscrits inédits de lui, rédigés rue des moulins à l’époque où il était hebergé chez les Trinitaires dans l’ancienne villa GENEST…

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  • nicolas a écrit le :

    Bonjour , je voudrais savoir oû trouver des extraits de receuilles de JOSEPH ROUMANILLE

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  • Bouisson Michel a écrit le :

    Toutes les rééditions, l’intégrale des oeuvres de Joseph Roumanille sur le catalogue du CREDD’O, 12 ave Auguste CHABAUD, 13690 GRAVESON, tél. 04 32 61 94 06 / 06 87 31 11 03, ass.creddo@wanadoo.fr, http://www.creddo.info

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  • Alain Guingal a écrit le :

    Comment peut on voir meme de l extérieur cette villa des chênes verts.?Etant Avignonais je vois de loin cette magnifique demeure,qu hélas les monuments historiques ne cherchent pas à mettre en valeur…..une honte.

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