6- Anselme Mathieu

A côté la librairie Roumanille, au 23 rue Saint Agricol, se trouvait l’hôtel du Louvre, tenu par Anselme Mathieu, où Mallarmé séjourna plusieurs fois lorsque, habitant Tournon sur Rhône, il venait à Avignon et qu’Aubanel ne pouvait pas le loger.

Anselme Mathieu en 1854

Cet hôtel, anciennement hôtellerie du Pont, avait été bâti à l’emplacement de l’ancienne commanderie des Chevaliers de l’ordre du Temple qui s’établirent à Avignon à la fin du 12ème siècle. Seuls subsistent, au fond de la cour, les restes de la chapelle, qui servait de salle à manger pour l’hôtel et qui est le plus ancien édifice gothique du midi.

Ancienne chapelle des Templiers (Cour du Louvre, rue Saint Agricol. Avignon)

Né en 1828 à Châteauneuf du pape. Anselme Mathieu n’est l’auteur que d’un seul recueil : La Farandoulo (1862). Il fit la connaissance de Roumanille et de Mistral à la pension Dupuy. Voici ce que Mistral raconte à ce sujet dans son ouvrage autobiographique :Memòri e Raconte (Mémoires et Récits) :

« Dans la cour, une après-midi où, avec les camarades, nous jouions aux trois sauts, entra et s’avança dans notre groupe un nouveau pensionnaire aux fines jambes, le nez à l’Henri IV, le chapeau sur l’oreille, l’air quelque peu vieillot et dans la bouche un bout de cigare éteint. Et les mains dans les poches de sa veste arrondie, sans plus de façons que s’il était des nôtres (…). – Collègue, d’où sors-tu comme cela ? – Je sors, dit-il, de Châteauneuf, le pays du bon vin (…) C’est ainsi qu’avec Mathieu, le gentil auteur de la Farandole, nous fîmes connaissance au pensionnat Dupuy. (…) Avec Roumanille et Mathieu nous étions donc trois, tres faciunt capitulum, de ceux qui, un peu plus tard, devaient fonder le Félibrige. Mais le brave Mathieu (comment s’arrangeait-il?) on ne le voyait guère qu’à l’heure des repas ou de la récréation. (…) »

Anselme Mathieu, très mauvais gestionnaire, « commis aux contes » plutôt que « commis aux comptes », fit faillite en 1881, s’enfuit, et revint « entre deux tricornes » comme l’écrit Aubanel ; il obtint finalement un non-lieu. Cafetier un temps à Marseille, il vécut ensuite à Givors et à Annecy. Il mourut dans la misère, à Châteauneuf du pape le 8 février 1895. En 1864, alors que Mathieu venait de prendre la gérance de l’hôtel, Mistral avait déjà écrit à Aubanel : « Aie l’œil sur lui pour qu’il tienne comme il faut ses écritures et qu’il ne se fasse pas éconduire par quelque négligence digne de lui. »

6 ont commenté “13- Mallarmé et les félibres

  • FABRE a écrit le :

    Je recherche le discours, en occitan, prononcé par Ernest FERROUL maire de Narbonne en 1912 pour la Sainte Estelle qui eut lieu dans sa ville.

    Où le trouver?

    Merci de votre aide
    Pierre FABRE

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  • a écrit le :

    Well written article.

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  • a écrit le :

    A une époque où il est très facile « d’annexer » des personnalités très complexes comme MALLARME ou DEBUSSY et CEZANNE pour en faire les parangons de la modernité idéologisée il est sain de replaçer leur oeuvre comme leur personne dans le contexte de leur époque:: ils avaient ,de surcroit, des LIENS AUTHENTIQUES et des Attaches puissantes à leur Pays et à leur Terre ce qui aujourd’hui n’est plus véritablement de mode mais ,au contraire, quasiment banni sinon condamné! LE CARDONNEL fut un grand ami de ma famille à VALENCE : il était un Poète authentique et un homme simple dévoré par la FOI, je mettrai en ligne à nouveau, quelques manuscrits inédits de lui, rédigés rue des moulins à l’époque où il était hebergé chez les Trinitaires dans l’ancienne villa GENEST…

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  • nicolas a écrit le :

    Bonjour , je voudrais savoir oû trouver des extraits de receuilles de JOSEPH ROUMANILLE

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  • Bouisson Michel a écrit le :

    Toutes les rééditions, l’intégrale des oeuvres de Joseph Roumanille sur le catalogue du CREDD’O, 12 ave Auguste CHABAUD, 13690 GRAVESON, tél. 04 32 61 94 06 / 06 87 31 11 03, ass.creddo@wanadoo.fr, http://www.creddo.info

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  • Alain Guingal a écrit le :

    Comment peut on voir meme de l extérieur cette villa des chênes verts.?Etant Avignonais je vois de loin cette magnifique demeure,qu hélas les monuments historiques ne cherchent pas à mettre en valeur…..une honte.

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