Berthe Morisot (1841-1895) Mallarmé fit sans doute la connaissance de Berthe Morisot en 1873, dans l’atelier d’Édouard Manet, dont elle était un des modèles ; elle épousa ensuite Eugène Manet (1834-1892), le frère d’Édouard, qui était également peintre et ils eurent une fille : Julie Manet (1878-1966), peintre elle-aussi. berthe-morisot-11 Eugène et Julie dans le jardin par Berthe Morisot En 1887 Mallarmé lui envoie un n° de La Revue indépendante avec ce quatrain adresse : Apporte ce livre quand naît Sur le Bois l’Aurore amaranthe Chez Madame Eugène Manet Rue au loin Villejust quarante. Cette rue de Villejust s’appelle aujourd’hui la rue Paul Valéry car ce dernier épousa Jeannie Gobillard, une cousine de Julie Manet (1878-1966). En 1900, en effet, Julie Manet épouse Ernest Rouart (1874-1942), fils du peintre Henri Rouart, en même temps que Jeannie Gobillard épouse Paul Valéry. La fille de Paul Valéry et de Jeannie : Agathe Valéry (1906-2002) épousera Paul Rouart (1906-1972), fils de Alexis Rouart (1869-1921), un des frères d’Ernest Rouart ; un autre frère : Louis Rouart sera le grand-père de l’académicien Jean-Marie Rouart (né en 1943). morisot-sur-un-divan-par-manet Berthe Morisot sur un divan par Manet C’est là aussi que Mallrmé refit une lecture de sa conférence sur Villiers, le 27 février 1890. Mallrmé offrit à Berthe Morisot l’exemplaire n° 8 de cette conférence avec cette dédicace : Vous me prêtâtes une ouïe Fameuse et le temple ; si du Soir la pompe est évanouie En voici l’humble résidu. En 1887, Berthe Morisot séjourne aux Plâtreries, près de Valvins, avec son mari et sa fille Julie, que Geneviève appelle Mlle Bibi ; les deux peintres rendent souvent visite à Mallarmé. À Eugène Manet qui lui demande s’il n’a rien écrit sur sa yole, Mallarmé répond : « Non, je laisse cette grande page blanche. » morisot-berthe-vers-18751morisot-berthe-vers-1893 Berthe Morisot vers 1875 et vers 1893 En 1892 Eugène Manet meurt, à Mézy et Mallarmé devient le subrogé tuteur de Julie ; l’année suivante, du 24 août au 4 septembre, Berthe Morisot séjourne avec sa fille à Valvins ; Berthe Morisot est très affectée par la mort de sa sœur Mme Yves Morisot-Gobillard qui laisse orphelines ses deux filles Paule et Jeannie ; quand elle repart, Berthe Morisot offre à Mallarmé un petit tableau sur lequel on voit son bateau. berthe-morisot-03 Yves Morisot-Gobillard et sa fille Paule par Berthe Morisot Après la mort de Berthe Morisot, en 1895, Mallarmé devient également le tuteur de Paule (1869-1946) et Jeannie Gobillard, qui habitent, avec Julie Manet, au 40 rue de Villejust. C’est lors d’un mardi, en 1898, que Jeannie Gobillard fait la connaissance de Paul Valéry. En 1896, Mallarmé rédigea la préface du catalogue de l’exposition consacrée à Berthe Morisot « une arrière-petite-nièce, en descendance, de Fragonard ». Ce texte, repris ensuite dans Divagations, se termine ainsi : « Son œuvre, achevé, selon l’estimation des quelques grands originaux qui la comptèrent comme camarade dans la lutte, vaut, à côté d’aucun, produit par un d’eux et se lie, exquisement, à l’histoire de la peinture, pendant une époque du siècle. » manet-et-berthe-morisot-tombe Tombe de Manet et de Berthe Morisot. Cimetière de Passy Le journal de Julie Manet, paru chez Klincksieck en 1979, donne de nombreux détails sur Mallarmé, notamment sur sa mort et sur son enterrement.

9 ont commenté “10- Les ami-e-s de Mallarmé

  • MERY LAURENT a écrit le :

    Pouvez-vous donner une explication HISTORIQUE (datée) du fait que Anne Rose Suzanne Louviot, née ‘en 1849, soit la « fille naturelle » de F.C. de Canrobert qui, de 1835 à 1849 sert en Algérie ?
    Il est rappelé à Paris (1850-1851 / coup d’état / aide de camp du prince président) ; il participe à la guerre de Crimée et est rappelé par l’empereur à Paris (1856)
    Ce n’est qu’en 1859 qu’il devient gouverneur militaire de Nancy où il demeure jusqu’en 1862 (attesté par « L’Almanach de la Meurthe » pour ces années.
    C’est Méry elle-même qui raconte « pris par elle à quinze ans » (sic) ; « mariée par lui à un paysan »… etc

    « Les mauvaises langues » sont souvent de « mauvaises sources » d’information, surtout lorsqu’on ne vérifie rien.

    Heureusement, il y de sérieuses publications sur tous ces sujets, et qui ne manquent pas de citer leurs références.

    Ce qui manque regrettablement à vos travaux, par ailleurs amusants.

    Cordiales salutations.

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  • Joël Goffin a écrit le :

    Je vous suggère le parcours de mon site bruges-la-morte.net

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  • Jack Klempay a écrit le :

    Pouvez-vous partager la source de vos informations sur l’amitié entre Mallarmé et Nina de Callias? Je m’intéresse surtout aux versions différentes du sonnet.

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  • a écrit le :

    Can you tell me if you’ve any idea if this gentleman may have been related to an arm of the Desessarts family that immigrated to the United States & took up residence in Louisiana, first in New Orleans–also having a plantation in St. Domingue–& then in the Opelousas, LA area? The most notable of this line was Denis Richard Dechanet dit Desessarts, who was a French actor who came to the United States & helped found the theater in New Orleans. His son, Hilaire, owned a sugar plantation & was the patriarch of a family line from which I descend. Thank you!

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  • Musée Stéphane Mallarmé a écrit le :

    Bonjour Mr
    La photo de la tombe en présent sur votre site est celle d’ Olivier Larronde et Jean Pierre Lacloche. Si vous le souhaite je peut vous envoyer la photo de la tombe de Misia

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