Henri Roujon (1853-1914)

Mallarmé fit sa connaissance en 1878 lors d’un vendredi de Catulle Mendès comme le raconte Henri Roujon dans La galerie des bustes.

Henri Roujon entre au Ministère de l’Instruction Publique en 1876 ; il devient par la suite (en 1879) le secrétaire particulier de Jules Ferry puis Directeur des Beaux Arts à partir de 1891 et Secrétaire perpétuel de l’Académie des Beaux Arts en 1903 ; il est élu à l’Académie Française en 1911.

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Henri Roujon

Essayiste et romancier, Henri Roujon fut aussi le secrétaire de rédaction de La République des Lettres, revue fondée par Catulle Mendès. C’est par l’intermédiaire de Mallarmé et d’Henri Roujon que l’état achètera des tableaux de Manet, Monet, Berthe Morisot, Renoir, Whistler, etc.

Pour lui Mallarmé écrivit en 1892 ce quatrain adresse :

Quand sur la cité reparue

L’Aube s’enfuit froide et rouge, on

Mettra ce mot, 32 rue

Chalgrin, chez mon ami Roujon.

Henri Roujon et son épouse Madeleine Reichel (d’origine allemande) avaient deux enfants : Jacques et Céline ; pour eux Mallarmé écrivit plusieurs petits poèmes, dont celui-ci :

Sois correct, une étude sûre

Y mène, Jacques, ô farceur,

Tu tireras avec mesure

Les cheveux naissants de ta sœur.

Nelly Reichel, la sœur de Madeleine, était l’épouse de Jean Marras (1837-1901), qui, après avoir participé à la Commune de Paris puis s’être réfugié en Espagne devint conservateur-adjoint du palais de Fontainebleau (où il reçut Mallarmé, notamment le 27 avril 1886).


En 1885 paraît les Souvenirs d’un vieux libraire de Louis Leriche, anagramme de Reichel (Philippe), oncle de Madeleine et Nelly Reichel. On peut lire dans ce livre : « Silence ! voici Étienne Beaugardé [Mallarmé] qui va réciter un sonnet. Il mérite d’être écouté [l’ouvrage reproduit Quelle soie aux baumes de temps, sans variantes]. Vous n’avez rien compris et moi non plus, mais gardez-vous de faire connaître votre opinion. Par suite d’un accord tacite, il est convenu que ces vers – absolument incohérents – sont sublimes et d’une clarté foudroyante. Approchez-vous de leur auteur, causez avec lui et vous serez surpris de ses paroles sensées et intéressantes ; c’est un homme doux et inoffensif, dès qu’il ne parle plus le langage des Dieux. […] »

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Sur cette photographie, prise à Valvin, Henri Roujon est présent avec sa sœur : mme Marguerite Normant (née en 1852).

C’est Henri Roujon qui prononcera un hommage sur la tombe de Mallarmé où il dira notamment « il vous tendait sa main amie en abaissant les paupières sur ses grands yeux d’enfant. »

9 ont commenté “10- Les ami-e-s de Mallarmé

  • MERY LAURENT a écrit le :

    Pouvez-vous donner une explication HISTORIQUE (datée) du fait que Anne Rose Suzanne Louviot, née ‘en 1849, soit la « fille naturelle » de F.C. de Canrobert qui, de 1835 à 1849 sert en Algérie ?
    Il est rappelé à Paris (1850-1851 / coup d’état / aide de camp du prince président) ; il participe à la guerre de Crimée et est rappelé par l’empereur à Paris (1856)
    Ce n’est qu’en 1859 qu’il devient gouverneur militaire de Nancy où il demeure jusqu’en 1862 (attesté par « L’Almanach de la Meurthe » pour ces années.
    C’est Méry elle-même qui raconte « pris par elle à quinze ans » (sic) ; « mariée par lui à un paysan »… etc

    « Les mauvaises langues » sont souvent de « mauvaises sources » d’information, surtout lorsqu’on ne vérifie rien.

    Heureusement, il y de sérieuses publications sur tous ces sujets, et qui ne manquent pas de citer leurs références.

    Ce qui manque regrettablement à vos travaux, par ailleurs amusants.

    Cordiales salutations.

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  • Joël Goffin a écrit le :

    Je vous suggère le parcours de mon site bruges-la-morte.net

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  • Jack Klempay a écrit le :

    Pouvez-vous partager la source de vos informations sur l’amitié entre Mallarmé et Nina de Callias? Je m’intéresse surtout aux versions différentes du sonnet.

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  • a écrit le :

    Can you tell me if you’ve any idea if this gentleman may have been related to an arm of the Desessarts family that immigrated to the United States & took up residence in Louisiana, first in New Orleans–also having a plantation in St. Domingue–& then in the Opelousas, LA area? The most notable of this line was Denis Richard Dechanet dit Desessarts, who was a French actor who came to the United States & helped found the theater in New Orleans. His son, Hilaire, owned a sugar plantation & was the patriarch of a family line from which I descend. Thank you!

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  • Musée Stéphane Mallarmé a écrit le :

    Bonjour Mr
    La photo de la tombe en présent sur votre site est celle d’ Olivier Larronde et Jean Pierre Lacloche. Si vous le souhaite je peut vous envoyer la photo de la tombe de Misia

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