Théodore de Banville (1823-1891)   Théodore de Banville est, avec Baudelaire et Gautier, un des maîtres de Mallarmé, qui écrit dans Symphonie littéraire : « aux heures où l’âme rythmique veut des vers et aspire à l’antique délire du chant, mon poète, c’est le divin Théodore de Banville, qui n’est pas un homme, mais la voix même de la lyre. »   Banville par Goupil     De ces trois maîtres, Banville est le seul que Mallarmé ait fréquenté et connu de près, d’autant plus que Marie s’était liée d’amitié avec Marie-Élisabeth, la compagne de Banville, qui avait un fils un peu plus âgé qu’Anatole. Ce fils deviendra le peintre Georges Rochegrosse qui fera un portrait de Mallarmé en 1891. Marie- Élisabeth Bourotte, en effet, avec qui Banville vécut à partir de 1862, était l’épouse d’un certain Rochegrosse, qui mourut en 1874.     Portrait de Théodore de Banville fait par son beau-fils : le peintre Rochegrosse   Dans l’affaire du 3ème Parnasse contemporain (voir François Coppée), Banville fut le seul à défendre Mallarmé, en disant, à propos du Faune : « Doit, je crois, être admis, en dépit du manque de clarté, à cause des rares qualités harmoniques et musicales du poème. »   Autre portrait de Banville par Rochegrosse   Considéré comme le chef de file du Parnasse, Banville hébergea Rimbaud, qui lui avait envoyé ses premiers poèmes, lors du premier séjour à Paris de ce dernier, en 1871. Méry Laurent, dont Banville fut l’admirateur et peut-être l’amant, écrivit à Mallarmé, lors de la mort de Banville en mars 1891 : « C’est triste et court la vie. Aimons-nous plus encore, n’est-ce pas ? » Banville avait offert à Mallarmé une gravure de Constantin Guys, représentant une femme en toilette bourgeoise, qui relève un bout de sa jupe sur le bas de la jambe, et que lui-même tenait de Baudelaire.     Autre portrait de Théodore de Banville     En novembre 1892, lors de l’inauguration du monument à Théodore de Banville dans le jardin du Luxembourg, Mallarmé prononça un discours où il réaffirma ce qu’il avait déjà dit dans Symphonie littéraire, en évoquant un homme qui ne fut pas « quelqu’un, mais le son même de la lyre. La même année, il écrivit un bel article nécrologique, qui parut dans le National Observer de Londres.  

9 ont commenté “10- Les ami-e-s de Mallarmé

  • MERY LAURENT a écrit le :

    Pouvez-vous donner une explication HISTORIQUE (datée) du fait que Anne Rose Suzanne Louviot, née ‘en 1849, soit la « fille naturelle » de F.C. de Canrobert qui, de 1835 à 1849 sert en Algérie ?
    Il est rappelé à Paris (1850-1851 / coup d’état / aide de camp du prince président) ; il participe à la guerre de Crimée et est rappelé par l’empereur à Paris (1856)
    Ce n’est qu’en 1859 qu’il devient gouverneur militaire de Nancy où il demeure jusqu’en 1862 (attesté par « L’Almanach de la Meurthe » pour ces années.
    C’est Méry elle-même qui raconte « pris par elle à quinze ans » (sic) ; « mariée par lui à un paysan »… etc

    « Les mauvaises langues » sont souvent de « mauvaises sources » d’information, surtout lorsqu’on ne vérifie rien.

    Heureusement, il y de sérieuses publications sur tous ces sujets, et qui ne manquent pas de citer leurs références.

    Ce qui manque regrettablement à vos travaux, par ailleurs amusants.

    Cordiales salutations.

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  • Joël Goffin a écrit le :

    Je vous suggère le parcours de mon site bruges-la-morte.net

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  • Jack Klempay a écrit le :

    Pouvez-vous partager la source de vos informations sur l’amitié entre Mallarmé et Nina de Callias? Je m’intéresse surtout aux versions différentes du sonnet.

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  • a écrit le :

    Can you tell me if you’ve any idea if this gentleman may have been related to an arm of the Desessarts family that immigrated to the United States & took up residence in Louisiana, first in New Orleans–also having a plantation in St. Domingue–& then in the Opelousas, LA area? The most notable of this line was Denis Richard Dechanet dit Desessarts, who was a French actor who came to the United States & helped found the theater in New Orleans. His son, Hilaire, owned a sugar plantation & was the patriarch of a family line from which I descend. Thank you!

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  • Musée Stéphane Mallarmé a écrit le :

    Bonjour Mr
    La photo de la tombe en présent sur votre site est celle d’ Olivier Larronde et Jean Pierre Lacloche. Si vous le souhaite je peut vous envoyer la photo de la tombe de Misia

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