James Mc Neil Whistler (1834-1903) C’est par l’intermédiaire de Claude Monet que Mallarmé rencontra en janvier 1888 ce peintre américain, de passage à Paris et les deux hommes éprouvèrent l’un pour l’autre une vive sympathie. Dès le mois de mars 1888 Mallarmé propose à Whistler de traduire en français, avec l’aide de Viélé-Griffin, la conférence Ten O’Clock que Whistler avait prononcée à Londres le 20 février 1885. Cette traduction paraît dans La revue indépendante. Le 1er mai 1889 Mallarmé rédigea pour lui ce quatrain : Mai dont le rayon ne dure Pour qu’il éblouisse l’air Mêle l’art à sa verdure Et joint au printemps Whistler. En 1890 Mallarmé écrit le poème Billet « paru, en français, comme illustration au journal anglais The Whirlwind (le Tourbillon) envers qui Whistler fut princier » écrit Mallarmé dans sa Bibliographie de l’édition Deman. Dans le même numéro de cette revue, Whistler qualifie ainsi Mallarmé : « The classic of Modernity ». whistler-c James Whistler En juin 1891 Whistler passe une journée à Valvins et dans une lettre à son épouse (Whistler s’était marié en 1888 avec Béatrix Godwin, la veuve de l’architecte de la Maison Blanche), il évoque : « une merveilleuse petite maison de campagne au bord de l a rivière, où la petite famille mange de la soupe aux choux et s’habille n’importe comment ! » C’est aussi en 1891 que, grâce à l’entremise de Mallarmé et d’Henri Roujon, l’état achète un tableau de Whistler : Portrait of the Painter’s Mother, qui, fait sans précédent, sera exposé au Louvre du vivant de l’artiste. whistler-portrait-de-sa-mere Portrait of the Painting’s Mother de Whistler En 1892, Whistler, qui vient d’être décoré de la Légion d’honneur, décide de s’installer en France et Mallarmé rédigea alors ce quatrain-adresse : Leur rire avec la même gamme Jaillira si tu te rendis Chez Monsieur Whistler et Madame Rue antique du Bac cent dix. C’est à cette époque que Whistler fit, à la demande de Mallarmé qui accepta de nombreuses séances de pose, le beau portrait qui servit de frontispice pour l’édition de Vers et prose en 1892. Dans une lettre du 5 novembre 1892 à Whistler, Mallarmé écrit : « Ce portrait est une merveille, la seule chose qui ait jamais été faite d’après moi, et je m’y souris. » malllarme-par-whistler-detail Mallarmé par Whistler En 1895 Mallarmé écrivit un texte sur Whistler : « l’enchanteur d’une œuvre de mystère close comme la perfection » pour le deuxième volume de Portraits du prochain siècle (qui ne parut jamais) ; ce texte sera repris dans Divagations. whistler-par-paul-cesar-helleu-detail Whistler par Paul-César Helleu   En 1897 Whistler, en deuil de sa femme, fait un séjour à Valvins et peint à cette occasion un très beau portrait en gris et en rose de Geneviève. genevieve-par-whitsler-detail Geneviève par Whistler

9 ont commenté “10- Les ami-e-s de Mallarmé

  • MERY LAURENT a écrit le :

    Pouvez-vous donner une explication HISTORIQUE (datée) du fait que Anne Rose Suzanne Louviot, née ‘en 1849, soit la « fille naturelle » de F.C. de Canrobert qui, de 1835 à 1849 sert en Algérie ?
    Il est rappelé à Paris (1850-1851 / coup d’état / aide de camp du prince président) ; il participe à la guerre de Crimée et est rappelé par l’empereur à Paris (1856)
    Ce n’est qu’en 1859 qu’il devient gouverneur militaire de Nancy où il demeure jusqu’en 1862 (attesté par « L’Almanach de la Meurthe » pour ces années.
    C’est Méry elle-même qui raconte « pris par elle à quinze ans » (sic) ; « mariée par lui à un paysan »… etc

    « Les mauvaises langues » sont souvent de « mauvaises sources » d’information, surtout lorsqu’on ne vérifie rien.

    Heureusement, il y de sérieuses publications sur tous ces sujets, et qui ne manquent pas de citer leurs références.

    Ce qui manque regrettablement à vos travaux, par ailleurs amusants.

    Cordiales salutations.

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  • Joël Goffin a écrit le :

    Je vous suggère le parcours de mon site bruges-la-morte.net

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  • Jack Klempay a écrit le :

    Pouvez-vous partager la source de vos informations sur l’amitié entre Mallarmé et Nina de Callias? Je m’intéresse surtout aux versions différentes du sonnet.

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  • a écrit le :

    Can you tell me if you’ve any idea if this gentleman may have been related to an arm of the Desessarts family that immigrated to the United States & took up residence in Louisiana, first in New Orleans–also having a plantation in St. Domingue–& then in the Opelousas, LA area? The most notable of this line was Denis Richard Dechanet dit Desessarts, who was a French actor who came to the United States & helped found the theater in New Orleans. His son, Hilaire, owned a sugar plantation & was the patriarch of a family line from which I descend. Thank you!

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  • Musée Stéphane Mallarmé a écrit le :

    Bonjour Mr
    La photo de la tombe en présent sur votre site est celle d’ Olivier Larronde et Jean Pierre Lacloche. Si vous le souhaite je peut vous envoyer la photo de la tombe de Misia

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