Conclusion sur les ami(e)s et sur les mardis.

On peut ajouter à cette liste des proches ami-e-s de Mallarmé, toutes celles et tous ceux qui fréquentèrent d’abord les jeudis de la rue de Moscou puis les mardis de la rue de Rome.

Dans une lettre écrite de Nantes le 5 novembre 1916 à C.M. Geneviève Bonniot-Mallarmé parle longuement de son père : « celui qui fait toujours ce qui doit être fait » et cite les habitués des jeudis (rue de Moscou) : Léon Cladel. Anatole France. Augusta Holmès. Leconte de Lisle. Catulle Mendès.

Puis elle cite ceux qui fréquentèrent les mardis de la rue de Rome (commencés en 1877) :
Maurice Barrès. Camille Claudel. Paul Claudel. Claude Debussy. Lucien Descaves. Léon Dierx. Édouard Dujardin. André Fontainas. Jean-Louis Forain. René Ghil. André Gide. Émile Hennequin. Léon Hennique. José-Maria Hérédia. André-Ferdinand Hérold. Alfred Jarry. Gustave Kahn. Jules Laforgue. Louis Le Cardonnel. Jean Lorrain. Pierre Louÿs. Maurice Maeterlinck. Victor Margueritte. Camille Mauclair. Guy de Maupassant. Stuart Merrill. Octave Mirbeau. Albert Mockel. Jean Moréas. Charles Morice. Thadée et Misia Natanson. Charles-Louis Philippe. Henri de Régnier. Georges Rodenbach. Laurent Tailhade. Paul Valéry. Émile Verhaeren. Paul Verlaine. Francis Vielé-Griffin. Charles Vignier. Villiers de l’Isle-Adam. James Whistler. Oscar Wilde.
À ceux-là, on peut aussi ajouter, non cités par Geneviève, mais dont la présence est attestée :

Juliette et Paul Adam. Émile Blémont. Jules et Térèse Boissière. Edmond Bonniot. Théodore Duret. Frans Eyrens. Léon-Paul Fargue. Félix Fénéon. Paul Gauguin. Stefan George. Édouard Gravollet. Fernand Gregh. Sadakichi Hartmann. Karl Huysmans. Raoul de L’Angle-Beaumanoir. Bernard Lazare. Julie Manet Paul Margueritte. Robert de Montesquiou. Georges Moore. Arthur O’Shaughnessy. Léo d’Orfer. Francis Poictevin. André Poniatowski. Pierre Quillard. Adolphe Retté. Auguste Rodin. Marius Roux. Saint-Pol-Roux. Marcel Schwob.

On sait aussi que Mallarmé fréquenta assidument Edgar Degas, Édouard Manet, Berthe Morisot, Auguste Renoir, sans oublier évidemment Méry Laurent et son entourage un peu mélangé !

Il est frappant de constater l’extrême diversité des personnes qui furent amies ou en contact avec Mallarmé. On y trouve des écrivains bien sûr, mais aussi des peintres, des sculpteurs, des musiciens ; on y trouve des français, des belges, des anglais, des américains ; des catholiques fervents (comme Louis Le Cardonnel) et des athées convaincus (comme Anatole France) ; des conservateurs (comme Paul Claudel) et des anarchistes (comme Laurent Tailhade) ; des antidreyfusards virulents (comme Degas) et des dreyfusards militants (comme Thadée Natanson) ; des riches (comme André Poniatowski) et des pauvres (comme Verlaine).

Bref, la société qui entoure Mallarmé et qui est ouverte à son influence constitue un véritable microcosme et c’est sans doute ce qui explique l’action, absolument non restreinte, que Mallarmé a exercée et exerce encore sur notre monde.

Remarque : beaucoup de renseignements inclus dans cet article sont tirés de l’excellent livre de Jean-Luc Steinmetz : Stéphane Mallarmé : l’absolu au jour le jour (Fayard 1998).

9 ont commenté “10- Les ami-e-s de Mallarmé

  • MERY LAURENT a écrit le :

    Pouvez-vous donner une explication HISTORIQUE (datée) du fait que Anne Rose Suzanne Louviot, née ‘en 1849, soit la « fille naturelle » de F.C. de Canrobert qui, de 1835 à 1849 sert en Algérie ?
    Il est rappelé à Paris (1850-1851 / coup d’état / aide de camp du prince président) ; il participe à la guerre de Crimée et est rappelé par l’empereur à Paris (1856)
    Ce n’est qu’en 1859 qu’il devient gouverneur militaire de Nancy où il demeure jusqu’en 1862 (attesté par « L’Almanach de la Meurthe » pour ces années.
    C’est Méry elle-même qui raconte « pris par elle à quinze ans » (sic) ; « mariée par lui à un paysan »… etc

    « Les mauvaises langues » sont souvent de « mauvaises sources » d’information, surtout lorsqu’on ne vérifie rien.

    Heureusement, il y de sérieuses publications sur tous ces sujets, et qui ne manquent pas de citer leurs références.

    Ce qui manque regrettablement à vos travaux, par ailleurs amusants.

    Cordiales salutations.

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  • Joël Goffin a écrit le :

    Je vous suggère le parcours de mon site bruges-la-morte.net

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  • Jack Klempay a écrit le :

    Pouvez-vous partager la source de vos informations sur l’amitié entre Mallarmé et Nina de Callias? Je m’intéresse surtout aux versions différentes du sonnet.

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  • a écrit le :

    Can you tell me if you’ve any idea if this gentleman may have been related to an arm of the Desessarts family that immigrated to the United States & took up residence in Louisiana, first in New Orleans–also having a plantation in St. Domingue–& then in the Opelousas, LA area? The most notable of this line was Denis Richard Dechanet dit Desessarts, who was a French actor who came to the United States & helped found the theater in New Orleans. His son, Hilaire, owned a sugar plantation & was the patriarch of a family line from which I descend. Thank you!

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  • Musée Stéphane Mallarmé a écrit le :

    Bonjour Mr
    La photo de la tombe en présent sur votre site est celle d’ Olivier Larronde et Jean Pierre Lacloche. Si vous le souhaite je peut vous envoyer la photo de la tombe de Misia

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