Henri Cazalis (1840-1909) Henri Cazalis est un des plus anciens et des plus intimes amis de Mallarmé, qui le surnomme parfois « cher Kakatoès de l’Infini » (lettre de juillet 1866). Mallarmé fit sa connaissance le 11 mai 1862 lors de la promenade dans la forêt de Fontainebleau, organisée par Emmanuel des Essarts, qui avait été le condisciple de Cazalis au Collège Napoléon.   Dans Le Carrefour des demoiselles, écrit après cette promenade par Mallarmé et Emmanuel des Essarts, il est évoqué par ce quatrain :   Dans le sein de cette algarade S’idyllisait le Cazalis, Qui, comme un chaste camarade, Tutoyait l’azur et le lis ;     Longtemps amoureux de Harriet Yapp (voir ci-après), qui participait aussi à cette promenade, Henri Cazalis finit par épouser Alice Treitt, fille d’un avocat et, après avoir d’abord fait des études de droit, devint un médecin réputé, installé à Paris et, pendant la saison thermale, en Savoie où il était médecin-inspecteur des eaux de Challes (près de Chambéry).  

  Henri Cazalis en 1862 (dessin de Henri Regnault)    

En août 1879, peu avant la mort d’Anatole, Mallarmé le consulte par lettre et Cazalis, tout en cherchant à rassurer son ami, prononce le nom inquiétant d’endocardite (inflammation de la membrane du cœur) et lui conseille de consulter le célèbre docteur Michel Peter, installé 5 rue de Rome.   Mallarmé écrivit alors pour lui ce quatrain qui n’est peut-être pas un quatrain-adresse mais que Mallarmé lui-même a placé dans ses Récréations postales :   J’imagine que Cazalis La lyre noble aux sons thébains Ceinte d’azalée et de lis Boit dans sa ville d’Aix-les-Bains.     Également poète, Henri Cazalis admirait profondément Mallarmé et dans une lettre du 15 mai 1867, il lui écrit « Tu es le plus grand poète de ton temps, Stéphane, sache-le. ».   Il publia plusieurs recueils de poèmes en prose et en vers, sous les pseudonymes de Jean Caselli puis de Jean Lahor, notamment Vita tristis (1865), Le livre du néant (1872) et Melancolia (1878).     Une de ses cousines : Valentine Le Josne, épouse du commandant H. Le Josne, tenait un salon littéraire et était liée à Baudelaire et à Édouard Manet, qui, dans son tableau Musique aux Tuileries, la représente au premier plan, discutant avec Mme Offenbach, devant Baudelaire causant avec Théophile Gautier. En avril 1864, Cazalis écrit à Mallarmé « Nous (Emmanuel des Essarts et lui-même) avons dîné avec Baudelaire ; une cousine qui l’aime beaucoup (…) a fait lire à Emmanuel Les fenêtres et L’azur, le maître les a écoutés avec une très fine attention, mais selon l’usage (…) n’a rien dit. »   D’abord très étroits, les liens entre Cazalis et Mallarmé se relâchèrent par la suite mais les deux hommes restèrent en relation jusqu’à la mort de Mallarmé, qui, en 1889, lui recommande Verlaine parti se soigner à Aix-les-Bains (où, d’ailleurs, il fut arrêté en état d’ébriété).

9 ont commenté “10- Les ami-e-s de Mallarmé

  • MERY LAURENT a écrit le :

    Pouvez-vous donner une explication HISTORIQUE (datée) du fait que Anne Rose Suzanne Louviot, née ‘en 1849, soit la « fille naturelle » de F.C. de Canrobert qui, de 1835 à 1849 sert en Algérie ?
    Il est rappelé à Paris (1850-1851 / coup d’état / aide de camp du prince président) ; il participe à la guerre de Crimée et est rappelé par l’empereur à Paris (1856)
    Ce n’est qu’en 1859 qu’il devient gouverneur militaire de Nancy où il demeure jusqu’en 1862 (attesté par « L’Almanach de la Meurthe » pour ces années.
    C’est Méry elle-même qui raconte « pris par elle à quinze ans » (sic) ; « mariée par lui à un paysan »… etc

    « Les mauvaises langues » sont souvent de « mauvaises sources » d’information, surtout lorsqu’on ne vérifie rien.

    Heureusement, il y de sérieuses publications sur tous ces sujets, et qui ne manquent pas de citer leurs références.

    Ce qui manque regrettablement à vos travaux, par ailleurs amusants.

    Cordiales salutations.

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  • Joël Goffin a écrit le :

    Je vous suggère le parcours de mon site bruges-la-morte.net

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  • Jack Klempay a écrit le :

    Pouvez-vous partager la source de vos informations sur l’amitié entre Mallarmé et Nina de Callias? Je m’intéresse surtout aux versions différentes du sonnet.

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  • a écrit le :

    Can you tell me if you’ve any idea if this gentleman may have been related to an arm of the Desessarts family that immigrated to the United States & took up residence in Louisiana, first in New Orleans–also having a plantation in St. Domingue–& then in the Opelousas, LA area? The most notable of this line was Denis Richard Dechanet dit Desessarts, who was a French actor who came to the United States & helped found the theater in New Orleans. His son, Hilaire, owned a sugar plantation & was the patriarch of a family line from which I descend. Thank you!

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  • Musée Stéphane Mallarmé a écrit le :

    Bonjour Mr
    La photo de la tombe en présent sur votre site est celle d’ Olivier Larronde et Jean Pierre Lacloche. Si vous le souhaite je peut vous envoyer la photo de la tombe de Misia

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