François Coppée (1842-1908)   Mallarmé fit la connaissance de François Coppée en septembre 1865 chez Catulle Mendès, qui habitait alors 16 rue de Douai et chez qui se retrouvaient les futurs parnassiens. En décembre 1866 Coppée envoie Le Reliquaire à Mallarmé, qui est alors à Besançon. Le 5 décembre 1866 Mallarmé le remercie et lui écrit « Votre cher volume m’apparut sur la table, et je profite de sa charmante invitation à sortir de ma torpeur par une causerie avec son poète, et à me laisser aller aussi, n’est-ce pas ? à mon émotion près de l’ami que je sens en vous. (…) Mon Dieu, que de tourments pour gagner sa vie ! et encore si on la gagnait ! Quels métiers notre société inflige à ses Poètes ! Vous le savez, cher ami, et c’est pourquoi je me plains à vous. »     En avril 1868, Coppée envoie Intimités à Mallarmé qui, à cette époque, habite Avignon. Mallarmé lui écrit « Pour moi, voici deux ans que j’ai commis le péché de voir le Rêve dans sa nudité idéale, tandis que je devais amonceler entre lui et moi un mystère de musique et d’oubli. Et maintenant, arrivé à la vision horrible d’une œuvre pure, j’ai presque perdu la raison et le sens des paroles les plus familières. »     En mai 1869, Coppée qui est allé en convalescence à Amélie-les-Bains (Pyrénées Orientales) s’arrête au retour à Avignon et passe une après-midi avec Mallarmé, qui, le 26 octobre 1869 ; lui écrit : « Vous êtes obsédant. Votre visite, d’abord, a été interminable ; car ce n’est qu’après leur départ, et quand ils sont redevenus des absents, que je suis avec mes chers hôtes hâtifs. »     En janvier 1870, alors que Coppée vient d’être nommé bibliothécaire du Sénat, Mallarmé lui écrit : « J’apprends par un billet de lui (Glatigny) la bonne nouvelle de votre loisir ; même il s’émeut que les journaux intègres vous renient : moi je me réjouis simplement. Voici du temps et de la paix, les seules choses désirables. »     Pourtant, et malgré leur amitié, Coppée, chargé, avec Théodore de Banville et Anatole France, de sélectionner les poètes du 3ème Parnasse contemporain, accepte sans sourciller le verdict de France, qui refuse les vers du Faune avec ces mots : « on se moquerait de nous » ! Il faut dire que Mallarmé était en bonne compagnie, puisque Charles Cros et Verlaine furent également refusés. Anatole France ne devait guère apprécier davantage son collège Coppée car on raconte que, voyant sur une couronne mortuaire cette inscription : « Offert par les joueurs de boule de Neuilly », France aurait murmuré : « Tiens ! Un vers de Coppée » !     En 1884, François Coppée est élu à l’académie française et Mallarmé rédige ainsi son adresse :   Courez, les facteurs, demandez Afin qu’il foule ma pelouse Monsieur François Coppée, Un des Quarante, rue Oudinot, douze.     François Coppée était ami avec Méry Laurent et en octobre 1892, Mallarmé rédige ce distique pour la fête de Coppée, tout en priant Méry de dire que c’est elle qui l’avait rédigé !   Pour ta fête aujourd’hui reçois Un baiser, mon ami François.     Auteur prolixe de 16 recueils de poèmes (dont Les humbles en 1872), de 15 pièces de théâtre (dont Le Passant en 1869) et d’une quinzaine d’œuvres romanesques, François Coppée, devenu vers la fin de sa vie ultra-catholique et nationaliste, fut alors un antidreyfusard virulent.  

9 ont commenté “10- Les ami-e-s de Mallarmé

  • MERY LAURENT a écrit le :

    Pouvez-vous donner une explication HISTORIQUE (datée) du fait que Anne Rose Suzanne Louviot, née ‘en 1849, soit la « fille naturelle » de F.C. de Canrobert qui, de 1835 à 1849 sert en Algérie ?
    Il est rappelé à Paris (1850-1851 / coup d’état / aide de camp du prince président) ; il participe à la guerre de Crimée et est rappelé par l’empereur à Paris (1856)
    Ce n’est qu’en 1859 qu’il devient gouverneur militaire de Nancy où il demeure jusqu’en 1862 (attesté par « L’Almanach de la Meurthe » pour ces années.
    C’est Méry elle-même qui raconte « pris par elle à quinze ans » (sic) ; « mariée par lui à un paysan »… etc

    « Les mauvaises langues » sont souvent de « mauvaises sources » d’information, surtout lorsqu’on ne vérifie rien.

    Heureusement, il y de sérieuses publications sur tous ces sujets, et qui ne manquent pas de citer leurs références.

    Ce qui manque regrettablement à vos travaux, par ailleurs amusants.

    Cordiales salutations.

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  • Joël Goffin a écrit le :

    Je vous suggère le parcours de mon site bruges-la-morte.net

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  • Jack Klempay a écrit le :

    Pouvez-vous partager la source de vos informations sur l’amitié entre Mallarmé et Nina de Callias? Je m’intéresse surtout aux versions différentes du sonnet.

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  • a écrit le :

    Can you tell me if you’ve any idea if this gentleman may have been related to an arm of the Desessarts family that immigrated to the United States & took up residence in Louisiana, first in New Orleans–also having a plantation in St. Domingue–& then in the Opelousas, LA area? The most notable of this line was Denis Richard Dechanet dit Desessarts, who was a French actor who came to the United States & helped found the theater in New Orleans. His son, Hilaire, owned a sugar plantation & was the patriarch of a family line from which I descend. Thank you!

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  • Musée Stéphane Mallarmé a écrit le :

    Bonjour Mr
    La photo de la tombe en présent sur votre site est celle d’ Olivier Larronde et Jean Pierre Lacloche. Si vous le souhaite je peut vous envoyer la photo de la tombe de Misia

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