Passy (1844-1856)

Le 2 août 1844 (Stéphane Mallarmé a alors deux ans), ses parents s’installent dans le hameau de Boulainvilliers, qui se trouvait alors sur la commune de Passy. Ce hameau, qui porte toujours ce nom, est actuellement dans le 16ème arrondissement de Paris et a deux entrées : la principale au n° 63 de la rue du Ranelagh et la secondaire, au n°45.

Dessin de la maison des Mallarmé dans le hameau de Boulainvilliers

J’ai pu localiser précisément cette maison (qui n’existe plus) grâce à l’obligeance de M. Patrick de Villepin, qui habite dans ce hameau et qui m’écrit : « En fait, la maison des Mallarmé était un « produit d’appel » destiné à attirer l’acheteur et elle figurait sur les affiches commerciales de l’époque pour illustrer la démarche de l’architecte, qui privilégiait le pittoresque des volumes et des élévations au détriment de la commodité des distributions. L’escalier extérieur attirait l’œil d’emblée. L’exotisme de cette maison détonait avec les schémas architecturaux des maisons de la Capitale. Elle était sans doute inadaptée au climat tempéré, aux pluies du printemps, au froid des hivers rigoureux et elle se révéla probablement, à l’expérience, peu commode, mais elle dut plaire par son côté unique et exceptionnel.« 

Cette maison était située juste à droite après l’entrée secondaire (qui était à l’époque l’entrée principale) ; elle disposait d’une double adresse : une adresse sise au 44, rue du Ranelagh, (comme l’indique l’acte de naissance de Marguerite Mallarmé, la seconde demi-sœur de Mallarmé, née le 19 janvier 1852) et une adresse hameau de Boulainvilliers, aujourd’hui inconnue, sans doute le 29.

C’est là que la mère de Stéphane : Élisabeth Mallarmé mourut le 2 août 1847. Le père de Stéphane se remaria en octobre 1848 avec Anna Mathieu (1829-1905) et les Mallarmé se lièrent alors d’amitié avec des voisins : les Dubois Davesnes, qui habitaient aussi ce hameau.

Élisabeth Mallarmé (musée de Valvins)

Le père : Charles Hippolyte Dubois, dit Dubois Davesnes (1800-1874) était auteur, acteur, directeur de la scène et, à partir de 1850, régisseur général du Théâtre français. Sa seconde fille : Fanny Dubois Davesnes (née en 1825 ou 1826, décédée au hameau le 3 novembre 1900) était sculpteur ; elle fit en 1854 un buste de Béranger, qui vint poser plusieurs fois dans le hameau. Béranger était à cette époque un poète et chansonnier extrêmement populaire. Le jeune Stéphane le rencontra alors et écrivit plus tard, en septembre 1859, une élégie intitulée : Sur le tombeau de Béranger.

Fanny Dubois-Davesnes

Fanny Dubois Davesnes s’occupa souvent du jeune Mallarmé et elle dit même dans une lettre que c’est elle qui lui apprit à lire. Mallarmé enfant composa pour elle ce qui est sans doute son premier poème :

Ma chère Fanny

Ma bonne amie

Je te promets d’être sage

À tout âge

Et de toujours t’aimer

Stéphane Mallarmé.

D’autres artistes habitèrent ce hameau, en particulier le poète et romancier Pierre Louÿs qui occupa jusqu’à sa mort un ancien hôtel particulier au fronton néo-flamand construit en 1885-1886, et situé au n° 4 actuel (ex n° 6) qui abrite depuis le début des années 1990 l’ambassade des Philippines ainsi que le poète et écrivain Fernand Gregh et sa femme Charlette (1881-1953) qui y achetèrent, vers 1902, par l’entremise de Pierre Louÿs, une ancienne isba de l’exposition universelle de 1878. Dans L’âge d’airain (1951), Fernand Gregh raconte les circonstances de l’acquisition de cette maison unique qui avait appartenu à la poétesse d’origine russe Tola Dorian (1841-1918), avec qui Mallarmé entrera en relation dans les années 1880.

Pierre Louÿs

Le 6 octobre 1852, Mallarmé devint pensionnaire dans l’école des Frères des écoles chrétiennes, rue Basse à Passy. L’entrée principale de cette école, qui existe toujours sous le nom de Saint Jean de Passy, est maintenant au n° 72 rue Raynouard (Paris 16ème), non loin de la maison de Balzac, qui était au 47 rue Raynouard. Selon le surveillant général de cette école, les bâtiments n’ont pas changé ; il y avait cependant sur la façade donnant sur la cour une vigne vierge, qui a été coupée récemment, lors de la réfection de cette façade.

Saint-Jean de Passy : cour intérieure (2007)


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