Fin du séjour (1869-1871)

Mais Mallarmé est souvent en arrêt de travail pour cause de maladie ; il continue, en effet, à vivre une crise morale, commencée pendant son séjour à Londres en 1862-63, qui s’aggrave d’année en année : il est continuellement malade et se croit mourant, parfois sa main est paralysée et il reste des mois sans écrire un mot, il pense souvent qu’il est fou. C’est pour essayer d’échapper à cette angoisse existentielle par un traitement homéopathique qu’il entreprend, en 1869, l’écriture d’un conte fantastique sur le thème de la folie : Igitur ou la folie d’Elbehnon. (voir ici)

Cependant, en décembre 1869, il abandonne (provisoirement) ce projet et demande un congé, qu’il obtient avec une indemnité de 1000 francs par an, pour préparer, en vue de l’agrégation, une licence ès lettres.

Ancienne église Saint-Martial (2007)

Le 31 décembre 1869, il écrit à Henri Cazalis : « J’ai quitté la fainéantise excédante du Lycée, stupeur quotidienne et secours de mon mal, et je me suis présenté, bien mis, dans toutes les maisons inconnues de la Ville et devant les sacro-saintes Autorités, pour obtenir des adhésions à un petit cours, d’une heure seulement par jour, fait en ville et mieux rétribué. Si cela prend, le reste du temps comblé par des études ardues, j’arrive au printemps sain et sauf, et sans les histoires de l’an dernier. »

Henri Cazalis

En effet, il donna alors des cours privés ainsi que des cours du soir, comme l’indique un entrefilet paru le 19 janvier 1870 dans Le Méridional : « Leçon d’anglais donnée à la salle Saint Martial : Nous ne saurions trop applaudir M. le Maire et nous sommes heureux de le remercier au nom de nos lecteurs de l’excellente pensée qu’il a eue d’accorder à M. le professeur d’anglais du lycée une salle de la ville, afin d’y faire, à des conditions qui équivalent à peu près à la gratuité, des cours d’anglais à l’usage des jeunes personnes et des jeunes gens… ».

Jean-Henri Fabre

Ces cours étaient donnés dans l’École normale d’instituteurs, installée (de 1835 à 1880) dans l’ancienne église Saint Martial (14ème siècle) dont le portail, refait en 1700, est faussement attribué, selon les recherches de l’historien local Alain Breton, à l’architecte Pierre Mignard (1640-1725), neveu du peintre Pierre Mignard. C’est aujourd’hui le Temple Saint Martial, rue J.H. Fabre. Dans ces locaux était aussi le musée d’histoire naturelle Requien, dont le conservateur fut, de 1866 à 1873, le naturaliste Jean-Henri Fabre (1823-1915) qui participa également à ces cours communaux publics et gratuits.

Mallarmé sera mis en congé du 21 janvier 1870 au 30 septembre 1870 et ce congé sera renouvelé jusqu’au 30 septembre 1871 mais la guerre franco-prussienne, la chute du second Empire, la Commune bouleversent la France. Mallarmé n’a qu’un désir : rejoindre Paris et ses amis du Parnasse contemporain. En mai 1871, alors que la Commune de Paris vit ses dernières heures, Stéphane Mallarmé quitte définitivement Avignon.

Une personne a commenté “6- Mallarmé à Avignon (Vaucluse) 1867-1871

  • MERY LAURENT a écrit le :

    Avez-vous des informations sur un
    BUREAU DE TABAC que Marie Mallarmé aurait sollicité et
    obtenu à ARLES, à partir de 1869 ?
    Cette source de revenus complémentaires est mentionnée dans la « Correspondance » en onze volumes.

    Cordiales salutations.

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