En 1853, Le père de Stéphane : Numa Mallarmé est nommé conservateur des hypothèques à Sens dans l’Yonne et le 15 avril 1856, Stéphane Mallarmé, qui était resté interne à Passy mais qui vient d’être renvoyé de l’internat des Frères des écoles chrétiennes, devient pensionnaire au lycée impérial de Sens.


On peut se demander pourquoi ce jeune garçon de 14 ans n’habite pas chez son père qui réside alors au centre-ville, non loin de la Grande Rue, dans un vaste hôtel particulier du 18ème siècle, qui n’existe plus et qui donnait sur la rue de la Grande Juiverie (n°14) et sur la rue de la Synagogue (n°5) (actuellement rue Nonat-Fillemin).


Il resta quatre ans (de 1856 à 1860) dans cet établissement et y prépara le baccalauréat qu’il obtint à la cession de repêchage en novembre 1860.

Ancien lycée impérial de Sens

Mallarmé ne se plut guère dans les vieux bâtiments du lycée, fondé en 1537 par le chanoine Philippe Hodoard (1437-1537) et installé au début du 19ème siècle dans l’ancien couvent des Célestins, dont l’entrée était située rue Thénard. Cet établissement devint le lycée Mallarmé en 1960 puis le collège Stéphane Mallarmé en 1971.


Il s’y sentit en prison et écrivit des poèmes aux accents baudelairiens, qu’il recopia dans un cahier au titre significatif : Entre quatre murs. C’est pendant qu’il est à Sens que sa jeune sœur Maria meurt, chez ses grands parents, à Passy, le 31 août 1857.

Maria Mallarmé

Ses études terminées (momentanément) Mallarmé devint surnuméraire (auxiliaire) chez Nicolas Mouchet, receveur à l’Enregistrement à Sens et fit la connaissance d’un jeune professeur nommé au lycée en 1861 : Emmanuel des Essarts avec qui il se lia d’amitié.

Emmanuel des Essarts

Normalien, professeur et poète, Emmanuel des Essarts (1839-1909) sera nommé professeur de rhétorique au lycée impérial d’Avignon en février 1864 et deviendra professeur à l’Université de Clermont-Ferrand en 1874. C’est lui qui fit connaître Avignon à Mallarmé et il sera le parrain par procuration de Geneviève Mallarmé (le parrain officiel étant le père de Marie). Son père, Alfred des Essarts, poète et écrivain, fut conservateur de la bibliothèque Sainte-Geneviève.


A cette époque, Mallarmé vit chez son père qui, en mai 1861, s’est installé aux Gaillons, 1 rue des pénitents, dans une belle propriété achetée 17 600 francs. C’est dans cette propriété que le fils de Mallarmé : Anatole naîtra en 1871.


Voici un dessin de Pierre Michaud représentant la propriété des Gaillons en 1936.

Et voici cette propriété telle qu’elle est aujourd’hui :

Actuellement cette maison est occupée par Monsieur Emmanuel Souchier, professeur en Sciences de l’information au CELSA (Université Paris-Sorbonne) qui m’a aimablement communiqué plusieurs documents intéressants sur cette demeure, qui était composée d’une maison de maître (à droite) et de bâtiments accessoires (à gauche) comprenant une écurie, une buanderie, un poulailler et des lieux d’aisances avec un colombier au-dessus. Entre autres travaux M. Souchier a fait une remarquable analyse de la célèbre photographie de Degas représentant Renoir et Mallarmé. (voir ici)

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