Le 11 mai 1862, à l’occasion d’une promenade dans la forêt de Fontainebleau organisée par Emmanuel des Essarts, Mallarmé fait la connaissance des amis parisiens de ce dernier, notamment du poète Henri Cazalis et du peintre Henri Regnault, prix de Rome en 1866, tué lors de la guerre franco-allemande de 1870.

Henri Cazalis

Avocat, médecin et poète, Henri Cazalis, auteur de Melancholia sous le pseudonyme de Jean Caselli puis du Livre du néant et de L’illusion sous le pseudonyme de Jean Lahor, devient à cette époque, le meilleur ami de Mallarmé.


A la suite de cette journée mémorable, Mallarmé et Des Essarts écrivirent une « fantaisie » de 17 strophes, intitulée Le carrefour des demoiselles, (éditée à Sens le 18 mai 1862) qui doit être chantée sur l’air de Il était un petit navire ! Après cette promenade, la forêt de Fontainebleau devient un des lieux préférés de Mallarmé et on peut penser que la proximité de cette forêt fut une des raisons de son installation à Valvins.

Forêt de Fontainebleau : Le carrefour des Demoiselles

C’est à cette époque aussi que Mallarmé, qui vient souvent attendre son ami Emmanuel des Essarts à la porte du lycée, rencontre la gouvernante amenant au lycée les enfants de la famille Libera des Presles : Marie Gerhard, née à Camberg, en Allemagne, qui allait devenir son épouse ; Les Libera des Presles, dont le chef de famille était juge au tribunal de Sens habitaient 56 Grande-Rue, dans un immeuble contigu à l’ancienne demeure de M. Mallarmé père.

Marie Gerhard en 1869

Le 26 juin 1862, il lui écrit : « Sachant que vous deviez revenir dans l’île (il s’agit de la petite île sur l’Yonne, qui se trouve au bout de la Grande rue), je m’y suis promené prudemment une heure ou deux, et pour ne point éveiller l’attention, j’ai dessiné sur un album le clocher de l’église, regardant plus souvent du côté où je comptais vous voir que du côté du clocher -moi qui de ma vie n’avais touché un crayon. »

Ce dessin, qui se trouve maintenant à la bibliothèque littéraire Jacques Doucet, représente le clocher de l’église Saint Maurice. Mallarmé y a porté ces mots : « Une bien petite église !.. mais qui paraîtrait une cathédrale à Camberg. 26 juin 1862 ! O clocher ! »

Église Saint Maurice de Sens

Puis il ajoute : « Vous avez dû voir à mes fréquentes stations à la porte du lycée et à la manière dont je vous contemplais dimanche à la Cathédrale que vous n’étiez pas sans avoir fait sur moi une impression sérieuse. (…) Voici trois mois que je vous aime violemment, et plusieurs jours que je vous idolâtre plus éperdument encore. »


En novembre 1862, effrayé par le travail administratif et par ce « premier pas vers l’abrutissement » comme il l’écrit dans son journal à la date du 16 novembre 1860, Mallarmé quitte Sens pour aller à Londres (où Marie Gerhard l’accompagne en cachette) afin de préparer le professorat d’anglais.

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