Près de là, dans une ancienne salle d’escrime située au numéro 4 de la rue de Saint-Pétersbourg, Édouard Manet a son atelier.

Stéphane Mallarmé et Édouard Manet se rencontrent sans doute en 1872 dans le salon de Nina de Callias, alias Nina Gaillard ou de Villard, dont Mallarmé avait fait la connaissance le 11 mai 1862, lors de la promenade dans la forêt de Fontainebleau, organisée par Emmanuel des Essarts, qui était amoureux de Nina (voir Mallarmé à Sens) ; elle fut la muse de Verlaine et de Charles Cros ainsi que le modèle de Manet (pour La Dame aux éventails, 1873-74) ; elle mourut, mentalement malade, en 1884.

Mallarmé publie un article louangeur sur Manet en 1874 dans la revue Renaissance ; c’est là le point de départ de leur amitié et à partir de cette époque Mallarmé, en rentrant du lycée Condorcet, rend visite presque chaque jour à Manet.

Édouard Manet par Fantin-Latour

C’est aussi en 1876 que paraît enfin L’après-midi d’un faune avec des illustrations de Manet. Mallarmé travaille sur ce texte depuis 1865. C’est, peut-être, Théodore Aubanel, juré en 1865 à la Cour d’assises de Carpentras dans le procès d’un berger accusé d’avoir violé une fillette sur le Ventoux, qui donne l’idée à Mallarmé d’écrire ce poème. Aubanel, quant à lui, s’inspire de ce fait divers pour écrire (en 1866) un drame : Lou pastre.


Mallarmé écrit plusieurs versions, dont une version dramatisée, qui sont refusées par les théâtres, les éditeurs et les revues avant d’être publiée dans « une des premières plaquettes coûteuses et sac à bonbons » comme Mallarmé l’écrit lui-même dans sa bibliographie de l’édition de 1898.


On sait que ce poème deviendra un des plus célèbres de Mallarmé. Claude Debussy compose le Prélude à l’après-midi d’un faune entre 1892 et 1894 et Vaslav Nijinski écrit puis danse une chorégraphie sur cette musique en 1912.


C’est probablement avec ce poème que Mallarmé commence à utiliser la mise en page comme moyen d’expression, ainsi qu’on le peut le voir dans le début de ce poème :


Ces nymphes, je les veux perpétuer.

Si clair,

Leur incarnat léger, qu’il voltige dans l’air

Assoupi de sommeils touffus.

Aimai-je un rêve ?


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