Le 13 avril 1893 Verlaine et Mallarmé président conjointement le 8ème banquet organisé par la revue La Plume, créée en 1889 par Léon Deschamps et dirigée par lui jusqu’à sa mort en 1899. Ce fer de lance du mouvement symboliste, dont la devise est Pour l’art, publie en particulier Laforgue, Mallarmé, organise aussi des soirées littéraires au Soleil d’or (Place Saint Michel) et des banquets.

C’est à l’occasion de ce 8ème banquet que Mallarmé écrit le sonnet Salut qui commence par ces deux vers et qu’il prononça en levant son verre :

Rien, cette écume, vierge

A ne désigner que la coupe ;

L’ami de Verlaine : Frédéric Auguste Cazals dessine alors plusieurs caricatures dans La Plume.

Mallarmé, qui avait écrit pour la première fois à Verlaine en 1866, pour le remercier de l’envoi des Poèmes saturniens (voir Mallarmé à Besançon) et qui lui avait adressé le 16 novembre 1885 sa fameuse lettre, dite lettre autobiographique, sera élu Prince des poètes après la mort de Verlaine, qui avait lui-même été élu en 1894, à la place de Leconte de Lisle, décédé le 18 juillet.

C’est en 1895, chez Julie Manet, que fut prise par Degas la fameuse photographie de Mallarmé et Renoir, à propos de laquelle Valéry écrit dans À propos de Degas (1938) : « Auprès d’un grand miroir, on y voit Mallarmé appuyé au mur, Renoir sur un divan assis de face. Dans le miroir, à l’état de fantômes, Degas et l’appareil, Madame et Mademoiselle Mallarmé se devinent. Neuf lampes à pétrole, un terrible quart d’heure d’immobilité pour les sujets furent la condition de cette manière de chef d’œuvre. »

Mais la photographie la plus célèbre de Mallarmé est sans doute celle de Nadar. Cette photographie est généralement attribuée à Félix Nadar (le père) mais elle est en fait de Paul Nadar (le fils). En effet les portraits célèbres de Nadar (le père) datent des années 1860 ; en 1894 il s’installe à Marseille et laisse son atelier parisien à son fils. Celui-ci travaille avec son père depuis 1874 et beaucoup de photographies attribuées à Félix Nadar sont de Paul Nadar (1856-1934), qui fut aussi le réalisateur du premier reportage photographique en Asie centrale (en 1890) et des premières photographies aériennes (prises depuis un ballon).

Quand il était à Valvins, Mallarmé fréquentait les Nadar, qui avaient une petite maison près de là, à Samois et en 1892 il écrit un poème où il parle de « Paul Nadar debout et vert / Jetant l’épervier grand ouvert. » et où l’on trouve aussi ces vers :

Le fleuve sans autres émois

Que l’aube bleue avec paresse

Coule de Valvins à Samois

Frigidement sous la caresse

Désormais en effet, Mallarmé passe beaucoup plus de temps à Valvins qu’à Paris.

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