Poèmes pour A.B.

 

Réponse du berger à la bergère

Les parties sont maintenant terminées,

Le ciel de Nouâtre est devenu noirâtre

Mais, à l’ouest, resplendit l’Étoile du berger,

Objet de mon affection et de mes fantasmes,

Venus de mon passé troublé.

Ose, m’a dit hier l’attisoir de mes envies ;

Invitation à devenir l’éteignoir de ma bougie ?

 

Divinité(s)

Abi,

Toi qui as un nom de déesse égyptienne, aux yeux de chatte,

Abi,

Toi dont je visite nuitamment tes rêves nocturnes,

Quand viendras-tu, un jour, réaliser mon rêve ?

Hélas ! Mon gâteau d’anniversaire supporte beaucoup trop de bougies

Et tu n’es pas (heureusement) Kali, la Noire, pour avoir assez de mains

Permettant de servir d’éteignoirs.

Tu es beaucoup mieux (par chance) puisque tous les soirs,

Sous la forme d’Aphrodite,

Tu renais de l’écume de mes désirs,

Pour marivauder avec moi,

Au jeu de l’amour et du hasard.

 

Pour ma parte aux jeux de cartes

D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours joué aux cartes.

Jeune, je jouais avec mes parents à la manille, qui se joue avec 32 cartes et où la carte maîtresse est le Dix (la manille) valant 5 points, l’As étant le manillon et ne valant que 4 points.

Étudiant, j’étais passionné par le whist, jeu très subtil, où il faut annoncer le nombre de plis que l’on va faire et où il faut réaliser ce nombre exact, ni plus, ni moins. Étant interne et en classe préparatoire, je passais des nuits presque blanches à jouer en cachette avec mes condisciples. Inutile de préciser que je ne fus reçu dans aucune grande école.

Coopérant militaire au Cambodge, mes veillées étaient occupées par le tarot ; grisés par le haschich, alors en vente libre dans ce pays ; nous jouions pour de l’argent, à 1 franc du point et nous perdions, où gagnions parfois, beaucoup.

Plus tard, en Algérie, deux jeux occupaient mes loisirs ; avec une excellente partenaire, je faisais des tournois de bridge ; que c’était intéressant (et fatigant) ! Avec des amis beaucoup moins sérieux, on jouait au poker en buvant de la bière mais comme il n’y avait pas de filles parmi nous, on n’a jamais pu faire, hélas, de strip-poker !

Rentré en France, je me suis mis à la belote, jeu assez simple, ayant l’avantage de pouvoir être joué en famille. On s’assagit avec l’âge !

Maintenant, à l’ère d’Internet, la coinche en ligne agrémente mes soirées libres. Ce jeu, qui combine la belote et le bridge, m’a permis en outre de draguer et de rencontrer des partenaires, qui souvent se sont révêlées plus décevantes au jeu de l’amour qu’au jeu de cartes.

Mais aujourd’hui, Abi, t’ayant trouvée et retrouvée, je ne te quitterai plus, même si, jeune je ne suis plus, car ton esprit et ton intelligence m’ont plu !

 

Variations du verbe aimer

 

Décidément

Je ne serai jamais ton amant

Quoique tes lèvres m’attirent comme un aimant

Car nous sommes séparés par la distance et les ans !

 

Ce qui est dit est dit et n’est pas mieux,

Sans doute un peu trop vieux

Je ne suis plus amoureux

Bien que je sache que j’en serai heureux !

 

Mais je voudrais, Abi,

Devenir ton ami

Jouer ou parler avec toi jusqu’à minuit

Et effacer tous tes ennuis !

 

Pouce

 

Bravo ! Bravissimo !
Toi, te voilà arrivée où tu voulais aller

Pour que je puisse t’admirer et deviner 

Qu’avec moi, jamais, tu ne serais montée si haut.

 

Moi, tu m’ignores superbement

De moi (ou du moins de moi seul)

Tu ne veux plus très ostensiblement

Sais-tu, Abi, que seul linceul rime avec seul !

 

Sans colère et sans joie !

Je me suis éloigné de toi,

Affrontant

Avec de grises partenaires

D’inintéressants adversaires 

Il faut bien passer le temps !

 

Mais souvent je m’ennuie

Et je me souviens, Abi,

Avec une certaine nostalgie,

Des soirs où tu étais, Abi,

Ma complice amie !

 

Bracchio di ferro

Je revois chaque nuit, lors de mes insomnies

Tout ce qui a marqué mon passé agité :

Les amours contrariées,

Les pages abîmées,

Les rendez-vous manqués.

 

Ah ! Si je pouvais recommencer !

Biffer d’un trait tout ce qui fut mal fait !

Ignorer les chemins embourbés !

 

Foin de ces billevesées insensées

Te voilà, idiot, tout retourné

Par ses poèmes inespérés

Oui le printemps est arrivé

Mais je n’ai plus le temps d’aimer.

 

Ah ! Si l’on pouvait tout effacer !

Bâtir sur des bases fort ensablées !

Importer des sentiments empruntés !

 

La partie est presque finie

Et mes ennuis sont infinis.

 

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