Méharée de Chinguetti à Tenachert


Issa conduit notre caravane en chantant une mélopée ancienne.


De loin, nous suivons l’oued où, dans les sombres palmeraies, les tentes claires et pointues avec les huttes rondes alternent.


Les dunes fiancent leurs couleurs aux quatre points de l’horizon et resplendissent sous les feux du soleil.


Je fume tranquillement ma pipe, perché sur El Raihid, mon noir chameau, le Bagarreur à l’oreille fendue, qui guette la moindre touffe d’herbe pour calmer sa faim perpétuelle.


Des moula-moula noirs et blancs pépient dans les arbustes épineux.

Des fennecs s’enfuient et se réfugient dans leurs terriers ténébreux.

Nos chameaux baraquent brusquement et blatèrent d’un air coléreux.

Des champs de pastèques invitent à la détente et semblent savoureux.

Un petit âne tire régulièrement sur sa corde pour remonter du puits un liquide précieux.


La nuit est froide, le sol est dur mais le ciel aux millions d’étoiles est en joie.

A l’aube, la courbure de l’horizon peu à peu s’éclaire et rougeoie.


D’un pas de majesté, le soleil monte lentement.

La Croix du sud s’efface tranquillement.


Le vent se lève, les feux s’allument, des cris s’élancent.

Un jour nouveau commence.


Mauritanie, janvier 2004

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