Bien que cette ligne de 15,6 km ait été ouverte en 1884 dans le prolongement de la ligne Port-Boulet/Port-de-Piles à partir de la gare de Ligré-Rivière, il est plus juste de parler de la ligne Richelieu/Rivière car, d’une part, elle ne faisait pas partie du réseau de l’état mais de celui des Chemins de Fer Départementaux (CFD) et d’autre part, c’est en tant que train touristique de Richelieu à Rivière qu’elle acquit une relative célébrité.

Locomotive 141 C 100 en gare de Ligré-Rivière

En effet, après avoir fonctionné normalement jusqu’en 1960 puis uniquement pour les marchandises jusqu’en 1974, cette ligne fut à partir de cette date une ligne touristique devenue célèbre grâce au film Bons baisers de Hong Kong (film de Yvan Chiffre de 1975) et utilisée dans 70 films.

Gare de Richelieu en 1960

Pour le 10ème anniversaire de l’exploitation touristique et le 100ème anniversaire de la création, un TGV spécial fut mis en circulation de Paris à Tours avec une correspondance de Tours à Richelieu assurée par un train tiré par une locomotive à vapeur 141 C 100.

Gare de Richelieu (nov. 2013)

Cette ligne cessa de fonctionner le 26 décembre 2004 et plusieurs trains restent à l’abandon dans la gare de Richelieu.

Trains en gare de Richelieu (nov. 2013)

Le château et la ville nouvelle de Richelieu furent construits à partir de 1631 à l’emplacement de la propriété familiale du cardinal par Jacques Lemercier, architecte de la Sorbonne et du Palais Royal à Paris. Acheté en 1805 par un marchand de biens, le château, qui était alors en mauvais état, fut vendu pierre par pierre.

Gare de Champigny-sur-Veude (carte postale)

Après Richelieu, la ligne longeait la D749, allant vers Chinon, jusqu’à Champigny-sur-Veude ; il y a, entre ces deux localités une quinzaine de passages-à-niveau mais la plupart étaient non gardés et certains sont des passages privés.

Gare de Champigny-sur-Veude (nov. 2013)

À côté de la gare de Champigny-sur-Veude, on peut encore voir la lampisterie, qui abritait également les toilettes.

Le toponyme de Champigny-sur-Veude vient de Campiniacus, signifiant « le domaine rural du Campagnard » ; toute cette région était située, à l’époque gallo-romaine, sur le territoire des Pictons (les Rusés), peuple gaulois dont la capitale était Poitiers.

Champigny-sur-Veude, où séjournèrent l’écrivain Maurice Genevoix et le peintre Chaïm Soutine, est célèbre pour les vitraux de la chapelle Saint-Louis, édifiée au 16ème siècle, en même temps que le château par les Bourbon-Montpensier, propriétaires du domaine.

Champigny-sur-Veude : chapelle Saint-Louis (nov. 2013)

Ayant acquis ce domaine, Richelieu fit détruire le château, qui lui faisait de l’ombre. Il aurait aussi voulu supprimer la chapelle mais il avait besoin de l’autorisation du pape ; il déclara alors qu’il y avait des fissures et que le bâtiment était dangereux ; cependant le pape fit faire une enquête et refusa de donner son accord !

À la sortie de Champigny-sur-Veude, on peut voir, au passage-à-niveau sur le D29, qui double la D749 en direction de Chinon, une manivelle qui permettait de manœuvrer les barrières du passage-à-niveau suivant.

Champigny-sur-Veude : ancienne manivelle au passage-à-niveau sur la D29

La ligne longe ensuite cette D29, tantôt à droite, tantôt à gauche, et passe d’abord à côté du complexe piscicole Jean-Pierre Malapert, qui date du 17ème siècle, puis à côté du château de Bel Ébat, construit au 19ème siècle dans un style néo-renaissance. Nous sommes là sur la commune d’Assay, dont l’ancien toponyme Acciacus signifie « le domaine de l’Homme Vif » et qui était aussi une cité des Pictons.

Assay : complexe piscicole Jean-Pierre Malapert (nov. 2013)

La ligne arrivait ensuite sur la commune de Ligré, qui, par contre, était sur le territoire des Turons (les Costaux), autre peuple gaulois ayant peuplé la Touraine ; le toponyme de cette commune vient en effet de Ligeriacus, signifiant « le domaine du Riverain de la Loire ».

Halte de Coutureau (nov. 2013)

C’est là que les trains s’arrêtaient à la halte de Coutureau, où la maison du garde, jouxtée par une lampisterie, était située, près du moulin de Coutureau, sur la D114, allant à Lémeré, où se trouve le beau château du Rivau, ancienne forteresse du 13ème siècle, qui était déjà connu au 15ème siècle pour ses écuries où Jeanne d’Arc vint chercher ses chevaux de combat et qui échappa à la furie destructrice de Richelieu car sa sœur était l’épouse de Jean de Beauvau, propriétaire du château au 17ème siècle.

Château du Rivau (wikipedia)

Après cette halte, la voie passait à côté du lieu-dit Aimé (commune de Ligré) puis croisait de nouveau la D26, au passage à niveau du moulin de Beauvais, situé près du manoir de Beauvais, où vécut et mourut, en 1826, Bertrand Poirier de Beauvais, commandant de l’artillerie vendéenne pendant la révolte des Chouans.

Ligré : manoir de Beauvais (nov. 2013)

On approchait alors de la gare de Ligré-Rivière, annoncée par un panneau peu après Beauvais, et rejoignait la ligne Port-Boulet/Port-de-Piles après le passage-à-niveau du Chiendent.

Gare de Ligré-Rivière (nov. 2013)

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