RIVE GAUCHE D’ARGENTON SUR CREUSE À PORT-DE-PILE 

 

Bien que cette voie fût située entièrement dans le département actuel de la Vienne, c’est-à-dire chez les Pictons, nous l’avons quand même incluse dans ce travail car elle avait de nombreuses liaisons avec la voie de la rive droite et les régions qu’elle traverse étaient souvent sous l’influence directe des Turons.

Après être passée par les communes actuelles de Thenay, de Le Blanc (rive gauche) et de Néons-sur-Creuse, elle traversait la Creuse à Cirande (commune d’Yzeures-sur-Creuse, rive gauche), toponyme qui, comme celui d’Ingrande, est composé du suffixe gaulois randa signifiant « frontière ».

Cirande (nov. 2011)
Cirande (nov. 2011)

Après avoir franchi la Gartempe au gué de Breuil, près du dolmen de la Pierre levée (voir voie 5.1), elle arrivait ensuite sur le territoire de la commune actuelle de La Roche-Posay, station thermale fonctionnant depuis l’époque gallo-romaine, les sources anciennes se trouvant à gauche de la voie.

Issue de la réunion de la seigneurie tourangelle de La Roche et de Posay-le-vieil, la Roche-Posay fut fortifiée pendant la guerre de Cent ans et a conservé une de ses trois portes : la porte de Bourbon.

La Roche-Posay : la Porte de Bourbon (avril 2018)
La Roche-Posay : la Porte de Bourbon (avril 2018)

C’était aussi, à l’époque gallo-romaine un port important sur la Creuse. Selon des témoignages anciens, une voie reliant la vallée de la Vienne à celle de l’Indre traversait la Creuse au niveau de la Roche-Posay sur un pont dit « romain » dont des ruines auraient été vues à la fin du 19ème siècle mais il n’y en a plus aucune trace actuellement.

Port de La Roche-Posay (avril 2018)
Port de La Roche-Posay (avril 2018)

Après être passée près du Port d’Alogny (Aloniacum), commune de Lésigny (Liciniacum), la voie s’éloignait de la Creuse et passait par la Boutelaye, où un pont gallo-romain sur la Luire, du 2ème siècle après JC, existe toujours.

 

Ancienne voie à la sortie de La Roche-Posay (avril 2018)
Ancienne voie à la sortie de La Roche-Posay (avril 2018)
Lésigny : pont romain sur la Luire (mai 2018)
Lésigny : pont romain sur la Luire (mai 2018)

Notons que dans la charte 404 (de 1115) du cartulaire de Noyers concernant Port-de-Piles, un des témoins est « Pierre, prêtre de Lésigny », ce qui montre bien que les deux communes étaient en relation.

Port d'Alogny (avril 2018)
Port d’Alogny (avril 2018)

Notons aussi qu’une partie de Lésigny, ainsi que Mairé (Macriacum) et Leugny (Lupinacum), cités ci-après, étaient sous le ressort de l’élection de Loches.

La voie arrivait ensuite sur la commune actuelle de Mairé, dont le site a été habité dès la préhistoire comme l’atteste la présence de mégalithes et d’outils en silex en plusieurs endroits de la commune. Les gaulois y eurent des « ferrières », ancêtres des forges, et les romains y ont laissé d’importants vestiges (camp, thermes et voies) ainsi qu’un nom : Macriacum.

Mairé : Fontaine Saint-Sylvain (mai 2018)
Mairé : Fontaine Saint-Sylvain (mai 2018)

Deux édifices sont remarquables dans le bourg : l’église, du 12ème siècle, et une fontaine, toutes deux dédiées à saint Sylvain. La fontaine, située sur un chemin descendant au port sur la Creuse était utilisée à l’époque gauloise comme le montre son fond, constitué d’un mégalithe gaulois. Ses eaux, comme celles de La Roche-Posay, avaient des vertus thérapeutiques ; selon la tradition, les soldats romains, qui empruntaient la voie Bordeaux/Bourges (voir voie 6.1), venaient y boire. Cette dernière voie traversait ici la Creuse pour rejoindre Barrou (voir voie 5.1).

Avant d’arriver sur la commune de Leugny, où il y avait un port sur la Creuse, il est possible que l’ancienne voie soit reprise, entre la Petite Guerche et Leugny par la D 5, toute rectiligne.

Voie entre La Petite Guerche et Leugny (avril 2018)
Voie entre La Petite Guerche et Leugny (avril 2018)

La voie desservait ensuite le port de Rives (commune de Saint-Rémy-sur-Creuse), en face du confluent de la Creuse et de la Claise, qui se trouve à Rives (commune d’Abilly) (voir voie 5.1), avant d’atteindre Saint-Rémy-sur-Creuse, où les grottes furent occupées dès la préhistoire.

Le port de Rives (avril 2018)
Le port de Rives (avril 2018)

La voie arrivait ensuite sur la commune actuelle de Buxeuil, où elle croisait une des voies reliant la vallée de la Vienne à la vallée du Cher (voir voie 6.2). Elle est encore bien marquée dans le paysage, d’abord dans le faubourg Saint-Jacques puis à côté de l’église du bourg, dont l’emplacement, en dehors du centre-bourg et au bord de la Creuse peut laisser supposer qu’elle a remplacé un temple gaulois, lié, soit à la source de la Crosse, située à proximité, soit à un gué permettant de rejoindre Balesmes sur la voie suivant la rive droite (voie 5.1), et enfin à Lilette, où il y avait aussi un gué sur la Creuse.

Voie à Saint-Jacques (avril 2018)
Voie à Saint-Jacques (avril 2018)

Près de ces endroits, des épées et des haches gallo-romaines ont été retrouvées.

Voie vers le bourg (avril 2018)
Voie vers l’église du bourg (avril 2018)

Après Buxeuil, la voie passait près du château de Falaise (commune des Ormes), où il y a aujourd’hui un musée présentant, entre autres éléments, l’histoire de l’Acadie, liée à celle de la famille de Gannes, originaire de Falaise, avant d’arriver à Port-de-Piles, où elle rejoignait la voie Poitiers/La Mans (voir voie 7.2).

Voie à Lilette (avril 2018)
Voie à Lilette (avril 2018)

 

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