VOIE DE DANGÉ-SAINT-ROMAIN À THÉSÉE 

À partir de Dangé-Saint-Romain, dans la vallée de la Vienne (voir voies 4.1 et 4.2) une voie partait vers la vallée du Cher, à l’est et il est possible que sa trace soit conservée par le chemin des Ameuls puis par le chemin qui traverse le parc actuel du château La Fontaine-Dangé (Les Ormes) pour arriver à Saint-Sulpice où il y eut, bien avant le prieuré, un oppidum néolithique puis gallo-romain.

 

Après Saint-Sulpice la voie continuait par un chemin passant par les Podevins et rejoignant l’actuelle D 58 mais après le Poteau Rouge, la départementale oblique à droite tandis que l’ancienne voie continuait tout droit ; elle est encore bien marquée et pavée dans la descente vers Buxeuil, près du sanctuaire de Notre-Dame de Vaugibault, ancien lieu de pèlerinage.

Elle croisait alors la voie qui suivait la rive gauche de la Creuse (voir voie 5.2), près de l’église Saint-Pierre de Buxeuil, avant de traverser à gué cette rivière pour arriver dans l’ancienne commune de Balesmes, toponyme gaulois, venant de la déesse Belisama : la très brillante ou la très puissante, déesse du feu et des forgerons mais aussi protectrice des sources, qui était une très grande divinité gauloise, assimilée à Minerve et associée à Belenos, l’Apollon gaulois.

L’église Saint-Pierre de Balesmes fut fondée au 11ème siècle puis agrandie au 12ème siècle ; dans les environs se trouve un grand dolmen, appelé le Chillou du Feuillet et situé sur les terres de la Barbotinière, qui appartint à l’écrivain René Boylesve.

Il est probable que cette église Saint-Pierre de Balesmes soit liée à l’église Saint-Pierre de Buxeuil, qui a sans doute pris la place d’un temple, dédiée à Belisama ; le culte de cette déesse était en effet souvent célébré près des sources et l’on trouve, à proximité, l’importante source de la Crosse, qui, encore aujourd’hui, alimente en eau toute la région.

La commune de Balesmes fut rattachée en 1966 à celle de Descartes, anciennement La Haye puis La Haye-Descartes.

La voie sortait de Balesmes par ce qui est aujourd’hui la rue de la Vauberde puis la rue du moulin de Follet, situé près de la source du Bonnet rouge, puis est continuée par un chemin bien marqué dans le paysage, qui passe entre les domaines de Cery (Servacum), à l’est et de Migné ((Magniacum), à l’ouest, avant de se diriger vers la commune actuelle de Cussay (Curtiacum).

Voie sortant de Balesmes (déc. 2011)
Voie sortant de Balesmes (déc. 2011)
Voie près de la Pilaudière (déc. 2011)
Voie près de la Pilaudière (déc. 2011)

Elle passait près des lieu-dits suivants : la Pilaudière, les Tilleuls et la Folie, avant d’arriver à la Roche d’Anchaille (commune de Cussay), qui fut probablement un oppidum, où il y eut ensuite un château au 13ème siècle.

La Roche d'Anchaille (déc. 2011)
La Roche d’Anchaille (déc. 2011)

Après Cussay, la voie se dirigeait vers la commune actuelle de Ligueil, en passant à côté du domaine d’Épigny (Hispaniacum), appartenant à un Espagnol, comme l’indique le toponyme, puis près de la chapelle Notre-Dame des Anges, fondée au 16ème siècle.

Voie entre Cussay et Ligueil (sept 2014)
Voie entre Cussay et Ligueil (sept 2014)

 

6.2 I Ligueil carte 2

Elle croisait la voie Tournon-Saint-Pierre/Le Mans (voir voie 7.3) près de l’église actuelle, fondée au 4ème siècle par Saint Martin.Cette église a probablement remplacé un temple gallo-romain, dédié peut-être au dieu Lug qui, selon certains, aurait donné son nom à ce lieu ; temple qui se serait trouvé au carrefour de ces deux voies, avant d’être détruit par Saint-Martin, qui était coutumier de ces faits. On peut dire en effet que, pratiquement toujours, « là où Saint Martin est passé, un culte romain a été effacé » (proverbe personnel et païen).

Ligueil : croisement des 2 voies (juin 2018)
Ligueil : croisement des 2 voies (juin 2018)

D’autres domaines existaient dans la région, notamment à Noizay (Nautiacum) et à Cerçay (Sarciacum), près de la voie Tournon-Saint-Pierre/Le Mans (voie 7.3) ainsi qu’à Mareuil (Maroialum), où des fragments de poteries communes et sigillées, de tuiles, de poinçons ainsi que des pointes de flèches ont été trouvés.

Après Ligueil la voie passait à Ciran, où une première église fut édifiée par saint Martin selon Grégoire de Tours  et où l’on peut voir deux couvercles de sarcophages mérovingiens près de l’église actuelle. Entre Ciran et Varennes, on trouve le lieu-dit la Chaussée.

Après Varennes, La voie longeait la propriété du château de Fretay (Frittiacum), du 18ème siècle, qui a été construit à la place d’une ancienne commanderie des Templiers, dont il reste un pigeonnier du 15ème siècle, ayant remplacé elle-même une villa gallo-romaine.

Nous sommes ici sur la commune actuelle de Loches, où notre voie croisait les voies suivant le cours de l’Indre (voir voies 3.1 et 3.2) avant d’arriver à Beaulieu-lès-Loches.

Beaulieu-lès-Loches fut pendant longtemps la rivale de Loches ; l’ancienne voie d’Espagne, venant de Paris et de Blois, y passait avant de rejoindre Descartes et Poitiers. Au début du 11ème siècle, Foulques Nerra, en expiation du meurtre de Hugues de Beauvais,  y construisit une abbaye, dans laquelle il fut inhumé ; à la sortie du village, en allant vers Ferrières-sur-Beaulieu, la voix passait à Guigné, où l’on peut voir entre de vieilles bâtisses un escalier appelé l’escalier du diable.

 

La voie arrivait ensuite sur la commune de Genillé, où l’on a découvert des poignards en silex du paléolithique inférieur (- 350 000) et où se trouve le dolmen d’Hys (- 2 500).

Des domaines agricoles gallo-romains existaient aussi à Rigny (Reginiacum) et à Rassay (Recciacum) ; celui de Rigny est continué par une ferme ayant un pigeonnier-porche contenant 500 boulins et celui de Rassay par un manoir du 18ème siècle qui a remplacé un logis du 13ème siècle. le boulin est la cavité située à l’intérieur d’un pigeonnier et pouvant abriter un couple de pigeons ; chaque boulin correspondait à la possession d’un arpent de terre (500 m2 environ).

 

À la sortie de Genillé, la voie est encore bien visible près de la Ferme Neuve ; cette propriété, qui fut au 19ème siècle une ferme-modèle dépendant du château de Marolles, où naquit l’écrivain Michel de Marolles (1600-1681), est caractérisée par deux éoliennes Bollée (du nom de l’inventeur).

La voie passait ensuite près de Mouzé (Malatiacum), avant d’arriver à Céré-la-Ronde, où elle croisait la voie précédente ; puis continuait vers Pouillé et Thésée-la-Romaine (voir voie 2.2).

 

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