VOIE DE LIGRÉ À AZAY-LE-RIDEAU VIA RIVIÈRE

Une voie ancienne, venant de Poitiers et donc de chez les Pictons, passait par Saint-Jean-de-Sauves, où, sur le site des Jumeaux, il y eut une agglomération importante avec un théâtre, des thermes et plusieurs temples, qui fut occupée du 1er siècle avant JC au 4ème siècle après JC.

 

L Chaussée. Ancienne voie (2011)
La Chaussée. Ancienne voie (2011)
De Saint-Jean-de-Sauves à la Chaussée (avril 2011)

Après La Chaussée (dans la Vienne), toponyme indiquant généralement l’existence d’une voie ancienne, où elle est encore bien visible, elle se dirigeait ensuite vers Sammarçolles et entrait sur le territoire des Turons au lieu-dit Touraine (commune de Marçay) : toponyme caractéristique d’une frontière, qui, à l’époque n’était pas exactement la même que celle entre la Vienne et l’Indre-et-Loire aujourd’hui.

Ancienne voie à Marçay (octobre 2011)
Ancienne voie à Marçay (octobre 2011)

Cette voie, après être passée par la commune actuelle de Ligré, où se trouve le beau dolmen du Carroir-Bon-Air, puis par les Roches-Saint-Paul (locus Rupibus Sancti Pauli) (commune de Ligré), où plusieurs objets, dont un poignard en silex, furent découverts dans un tumulus néolithique, arrivait au bord de la Vienne à Rivière, où, comme nous l’avons vu (voir voie 4.2) une voie longeait la rive gauche de cette rivière.

Dolmen de Ligré (août 2009)

Notre voie traversait la Vienne au gué de la Motte, croisait la voie de la rive droite (voir voie 4.1), puis la voie Chinon/Loches (voir voie 6.4), puis continuait vers la forêt de Cravant, qui n’est en fait qu’un prolongement de la forêt de Chinon.

Carte de la forêt de Cravant (J.M. Couderc)

Cette région, particulièrement riche en sites gaulois et gallo-romains, a été étudiée d’une façon approfondie par Jean-Marie Couderc mais elle a aussi été grandement défigurée par le déboisement et par l’aménagement de larges voies coupe-feu, de sorte qu’il est souvent difficile de retrouver les sites.

Chinon : Turpenay (nov. 2011)

L’ancienne voie, dite via turonensis (le chemin de Tours, à ne pas confondre avec la chemin de Compostelle qui porte le même nom) passait entre les domaines de Turpenay (Turpiniacum) sur la commune de Chinon et de Givré (Gabriacum) sur la commune de Cravant, puis à côté des lieu-dits suivants :  l’Étang (commune de Saint-Benoît-la forêt), où il y avait une villa gallo-romaine,  la Maison brûlée, où des fragments de céramiques des 1er et 2ème siècles ont été trouvés et le Carroi de la Branche-Torse avant d’arriver à la ferme Saint-Hubert (commune de Panzoult) où elle était rejointe par une voie venant de Chinon, dite via vetuta (l’ancien chemin).

Cravant : Givré (nov. 2011)
Ancienne voie à Saint-Hubert (juillet 2011)

Cette via vetuta sortait de Chinon par l’actuelle rue du Collège (voir voie 7.1), passait ensuite à Grammont puis dans la forêt, où Jean-Marie Couderc a vu, semble-t-il, une « ruette (petite rue) pavée » un peu avant le Carroi de la Jarrie mais malgré plusieurs explorations de cette partie de la forêt nous n’avons pas encore réussi à la trouver.

Chinon : carroi de la branche torse (juillet 2011)

Peu après, le site de la fosse sèche (commune de Saint-Benoît-la-Forêt), occupé de 50 à 200 après J.C., a livré des monnaies ainsi que des fragments de céramiques et de verreries ; à côté, le site 2 (voir carte ci-dessus) a fourni des pesons de métier à tisser  et des fragments de céramiques de Mougon (voir voie 4.1).

Près de la ferme Saint-Hubert (commune de Panzoult), Jean-Marie Couderc a fouillé un site où il a trouvé un dupondius de Trajan et un sesterce d’Antonin-le-Pieux.

Après Saint-Hubert, la voie passait sans doute au Carroi des larrons et à La Ballière (commune de Cheillé) mais il n’y en a plus de trace. Par contre, elle est encore bien visible du côté de Javesnon et de la Fosse-Laslin (commune Cheillé) puis peu après au carrefour avec la D 57 qui va vers Villaines-les-Rochers, où l’activité vannière, encore fort active, existe depuis le 7ème siècle.

Ancienne voie à La Fosse-Laslin (août 2011)

À Cheillé se trouve le château de la Rémonière, du 15ème siècle, construit à l’emplacement d’un site gallo-romain très important, méritant sans doute des fouilles approfondies ; on peut y voir en effet les traces de ce qui semble bien être un petit théâtre ainsi que les vestiges d’un temple, près duquel il y avait la tombe d’une certaine Secunda épouse de Caius Néro, contenant de nombreux objets dont un sceau et une sculpture en ambre (voir voie 3.2).


Intaille en cristal de roche trouvé à la Rémonière
médaillon trouvé à la Rémonière

Notre voie arrive finalement au bord de l’Indre, à Azay-le-Rideau, où elle rejoint la voie qui suivait la rive gauche de cette rivière (voir voie 3.2).

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