Examen de Interprétation des mensongespar Luis Léante
Synopsis du livre Interprétation des mensonges, par Luis Léante
Celso D'Atri est un écrivain qui obtient un certain succès avec un roman controversé en raison du sujet et que certains critiques interprètent comme autobiographique. Le soir de la remise du Prix Carlos Fuentes à un de ses amis écrivains, la mort accidentelle de l'avocat Francisco Couto survient chez Celso.
Cet événement fortuit aidera le narrateur à se souvenir de sa vie, qui a toujours été parallèle à celle de Celso et de sa famille. Ils rêvaient tous les deux d’être écrivains depuis leur adolescence, mais la fortune littéraire les a emmenés sur des chemins différents. La jalousie et la suspicion d'infidélités mettront à l'épreuve le sentiment pur de leur amitié.
Au fur et à mesure que nous approfondissons l'histoire, le jeu littéraire du narrateur fera découvrir au lecteur que le récit des événements n'est rien d'autre que l'interprétation intéressée des faits.
Examen de Interprétation des mensongespar Luis Léante
Lettres
Letraherido : qui éprouve une extrême passion pour la littérature. (RAÉ)
C'est ce que dit la définition que nous donne le dictionnaire, et dans la foi que Luis Leante fait en sorte que les deux personnages principaux de ce roman, le narrateur et Celso D'Atri, s'y conforment strictement, car le moteur de l'œuvre, ou du moins l'un des moteurs les plus importants, est cette passion extrême pour le littéraire, bien que toujours avec des nuances, bien sûr.
Les écrivains se nourrissent de la réalité, c'est évident, mais ils nagent aussi comme des dauphins parmi les mensonges, car en fin de compte, littératuriser la réalité, ou la vie, est un fait avec lequel nous ajoutons à la vérité autant de couches fallacieuses qu'il nous convient pour réaliser nos intentions narratives et ainsi captiver également le lecteur. Une autre chose est la façon dont ils naviguent dans ces eaux, soit comme des dauphins, que l'on pourrait donc considérer comme le protagoniste du narrateur, soit comme des requins, quelque chose qui correspondrait un peu mieux à la personnalité de Celso D'Atri, le plus blessé de tous.
Et puis il y a d'autres personnages capitaux dans cette intrigue, notamment des femmes comme Berta ou Martina, qui se démarquent de ce groupe d'amis agités des années 80 qui recherchent la gloire des muses dans l'arrière-boutique d'une quincaillerie. Sans oublier le clan Lazcano, photographie vivante des classes aisées de la fin du siècle dernier, ou peut-être par extension des classes toujours aisées. Le contraste entre D'Atri et Berta, de naissance supérieure, et le narrateur et ses amis, est aussi évident que la fresque sociale montrée dans le roman est fidèle.
Luis Leante, qui sait toujours comment nous embrouiller à travers des chemins labyrinthiques, nous transforme en une première personne évocatrice qui revient après qu'un événement dévastateur se soit produit lors de la remise d'un prix littéraire bien connu. L'évocation et la mémoire sont depuis lors l'épine dorsale du roman, ainsi que les mondes antagonistes de Hondares et de Madrid, et les formidables contrastes familiaux qui se produisent entre ces Lazcanos et le noyau quelque peu déstructuré formé par le propriétaire de la quincaillerie et son fils, les tantes, Maruja…, d'autres clans moins sophistiqués mais parfois tout aussi nuisibles.
Dans cet environnement s'insèrent la création littéraire, l'ambition, les trahisons, les amours et les chagrins, le manque de communication, les rêves qui ne se réalisent pas, les familles qui survivent, les frustrations lors de l'écriture, l'envie et, surtout, une conception de la vie et de l'art qui vernisse toutes les pages, et qu'il faut laisser s'installer dans la conscience avant de tirer des conclusions. La prose de Luis Leante mérite cette pause, car c'est ainsi que nous l'apprécierons le mieux.
Lire plus de critiques d’Antonio Parra Sanz.
Interprétation des mensonges dans MAR Editor.
À propos de Luis Léante
LUIS LÉANTE (Caravaca de la Cruz, Murcie, 1963). Il est diplômé en philologie classique de l'Université de Murcie. En plus de deux livres d'histoires L'éleveur de canaris et Le dernier voyage d'Éphraïma publié les romans : Route du jeudi rouge (1983), Paysage avec rivière et Baracoa en arrière-plan (1997), A la fin du voyage (1997), L'âge d'argent (1998), Le chant du zaïgu (2000), Le vol des termites (2003), Regarde si je t'aimerai (2007, Prix du roman Alfaguara), La Lune Rouge (2009), prisons imaginaires (2012) et Annobon (2017). Il est également l'auteur de romans de genre jeunesse.
Il a publié des pièces de théâtre Mezzo-soprano offerte pour le ménage (2018), Histoire d'une corniche (2019) et Le résistant (2019). Il a remporté plusieurs prix littéraires, dont le Prix du roman Alfaguara, le Prix Mandarache et le Prix des lecteurs Hache, ainsi que le Prix Edebé de littérature jeunesse.
Fiche technique
- Qualification: Interprétation des mensonges
- Auteur : Luis Léante
- Éditeur : MAR Editor
- Année : 2025
- Genre : Roman
- Pages : 374 pages
- Note : 8/10