Notre part de nuit de Mariana Enriquez, traduit par Megan McDowell
Mariana Enriquez est une auteure qui n'hésite pas à affronter le cauchemar pour raconter une histoire qui ressemble aux expériences vécues et à l'histoire. La junte qui fait disparaître le peuple, le charisme oblitérant la perspective de la secte, les puissants qui exploitent les vulnérables : ce sont des thèmes que nous connaissons bien et qui imprègnent le roman d'horreur d'Enriquez. Se déplaçant de manière non linéaire à travers le temps, l'histoire suit principalement la famille Peterson, son père et son mari Juan, sa mère et sa femme Rosario et son fils Gaspar. Les Peterson sont liés à une puissante société occulte en Argentine, et nous rencontrons Juan et Gaspar en fuite.
Les détails des liens de la famille avec ce groupe occulte, comment Juan est devenu père célibataire et quel rôle Gaspar joue dans l'avenir de la société apparaissent au fur et à mesure que l'histoire se déroule. Ce sont des personnages complexes avec des défauts, certains impardonnables et d’autres profondément humains, mais Gaspar, que nous suivons depuis une enfance marquée par la maltraitance et la négligence jusqu’à l’âge adulte, est le personnage auquel je me suis accroché. C'est un innocent plongé dans un jeu mortel et désorientant, conçu pour énigmer les circonstances d'une vie turbulente conçue par son père et l'impact que les mystères de sa vie ont sur lui et ses proches. Il est exposé et soumis à la brutalité et à la perte encore et encore. Un sentiment de désespoir et de tragédie inévitable pèse lourd autour de nombreux personnages de cette histoire, mais celui de Gaspar est le fil conducteur qui attache le lecteur à un chemin motivant à travers horreur après horreur provoquée par une terreur occulte destructrice qui existait bien avant lui et qui menace d'exister éternellement.
Enriquez tisse habilement les nuances dans l'un des contes d'horreur les plus captivants et déchirants que j'ai lus. Je recommande de se réconforter dans un livre léger après avoir lu celui-ci.