Le nom de cette commune apparaît pour la première fois au tout début du 5ème siècle après JC sous la forme in vico Ambatiensis, venant du latin Ambacia. Ce toponyme est expliqué de différentes façons : pour les uns, il viendrait de Ambatia, signifiant « terres d’Ambatius » ; pour d’autres, il serait issu, soit du latin ambi (autour) et du gaulois isara (cours d’eau impétueux), soit du gaulois ambes (rivière). Cette dernière étymologie me semble la plus probable, car il est clairement attesté que le plateau des Châtelliers, à côté du château, fut, sinon le principal, du moins un des principaux oppida des Turons.

Vue générale d'Amboise (février )
Vue générale d’Amboise (février 2011)

PATRIMOINE À VOIR

Le plateau des Châtelliers, vaste éperon barré entre la Loire et l’Amasse, qui s’étend sur 50 hectares, à l’est du château actuel, a été fortifié par les Turons, vers 400 avant notre ère, puis occupé par les Romains et détruit par les Bagaudes à la fin du 3ème siècle après JC.

Les fouilles ont montré qu’il fut occupé dès l’époque préhistorique. Le centre de cet oppidum est occupé par un tertre ou un tumulus, appelé la butte de César, qui n’a jamais été fouillé et sur lequel, selon la tradition, s’élevait une tour de guet ou une statue.

La butte de César (février 2011)
La butte de César (février 2011)

L’élément le plus remarquable est le rempart gaulois édifié à 900 m de la pointe de l’éperon, sur le seul des côtés du plateau qui ne soit pas naturellement défendu et délimitant une superficie de 8 ha à la pointe de l’éperon.

Le rempart gaulois (février 2011)
Le rempart gaulois (février 2011)

Une coupe faite en 1979 pour permettre le passage d’une route a montré que ce rempart était constitué d’un premier talus en argile avec des inclusions de charbon de bois et présentant peut-être une armature en bois, édifié vers 400 avant JC. puis surélevé vers 150 avant JC. Il pouvait alors mesurer 10 m de haut pour 25 à 30 m de large ; sensiblement orienté nord-sud, il était long de 450 m et barrait presque totalement le plateau. Il était précédé à l’est d’un fossé à fond plat large de 40 m qui assurait la continuité du dispositif vers le nord. Une couche de terre arable rapportée recouvre tout cet ensemble, comme le reste du plateau.

Plan de l'oppidum des Châtelliers
Plan de l’oppidum des Châtelliers

Des fouilles faites rue Rouget de Lisle, sur le plateau des Châtelliers, ont mis en évidence un site gaulois, avec les vestiges d’un fanum, qui a fourni des fragments de céramique et d’amphores, des pièces de monnaie et des moules à monnaie ainsi que deux statuettes gauloises du 1er siècle avant JC, actuellement au Musée du Grand Pressigny, dont celle d’un homme ou d’un dieu accroupi, portant un torque et tenant un autre torque dans sa main droite avec un animal (mouton ou chien) sur les genoux. La plupart des pièces de monnaie étaient des potins à la tête diabolique mais il y avait également un bronze frappé du type TVRONOS/TRICCOS (Ce type de monnaie en bronze, frappée, représente sur l’avers une tête de Vénus avec l’inscription TVRONOS (le Turon) et au revers un taureau devant une amphore avec l’inscription TRICCOS (nom présumé d’un chef turon).

Monnaie du type TVRANOS/TRICOS
Monnaie du type TVRANOS/TRICCOS

PATRIMOINE DÉCOUVERT

Du paléolithique : fouilles du plateau des Châtelliers : racloirs, bifaces, burins.

Du néolithique :

Fouilles du plateau des Châtelliers : idole féminine, hache polie en silex, pointes de flèche, grattoirs, perçoirs, lames.

Statue gauloise des Châtelliers (Musée du Grand Pressigny)
Statue gauloise des Châtelliers (Musée du Grand Pressigny)

Le lieu-dit La Pierre qui tourne, à 1 500 m. à l’ouest du château, indique vraisemblablement l’existence d’un menhir à cet endroit.

De l’âge du bronze :

Fouilles du plateau des Châtelliers : un dépôt rituel de vases et de cuirasses en bronze.

Découvertes faites près ou dans la Loire : pointe de lance, trouvée en 1964 près de la Fontaine de Chandon (3 km en aval du pont) ; une épée, remontée du lit de la Loire en mai 1966, à 300 m. en aval du pont ; deux épées remontées des sables de la Loire en août 1966 à 2,5 km en aval du pont.

Amboise, épée de l'âge du bronze, musée du Grand Pressigny (photo PCIL)
Épées de l’âge du bronze au Musée du Grand Pressigny (photo PCIL)

De l’époque gauloise : fouilles du plateau des Châtelliers : fibule, chenet à tête de palmipède, potins, fondations d’habitations, nombreux fragments de céramique.

De l’époque gallo-romaine :

Les greniers de César : ensemble troglodytique situé 36 quai Charles Guinot (sous l’oppidum, au bord de la Loire) au fond duquel se trouvent quatre silos ou citernes taillé(e)s dans le rocher.

Un pont de bois fut construit au 4ème siècle après JC pour relier les deux voies gallo-romaines qui longeaient les rives de la Loire. Il traversait la grande Île d’or, au lieu-dit Entrepont, et aboutissait au lieu-dit le Bout des Ponts (Amboise rive droite). Voir Voie suivant la rive droite de la Loire et Voie suivant la rive gauche de la Loire.

Céramique de l'âge du bronze (Musée du Grand-Pressigny)
Céramique de l’âge du bronze (Musée du Grand-Pressigny)

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