Le nom de cette commune apparaît pour la première fois dans La vie de Saint Nicet, de Grégoire de Tours, sous la forme Prisciniacus ou « domaine de l’Ancien ».

Le château (mars 2010)
Le château (mars 2010)

Des silex taillés du paléolithique ont été découverts à différents endroits mais c’est surtout au néolithique que l’industrie lithique se développe dans la région ; des ateliers de taille de silex se trouvaient à l’Épargne, découvert par le docteur Auguste Léveillé en 1862, au nord-est du bourg (voir Lerné), où une scie a été trouvée, à la Doucetterie (au nord-ouest du bourg), aux Pivots (au nord-est du bourg), et aux Réaux (au nord-ouest du bourg, sur la rive droite de la Claise). Dans ce dernier lieu, Gérard Cordier (voir Le fond de cabane néolithique des Réaux, in Gallia Préhistoire, 4, 1961) a découvert 800 silex, dont des grattoirs, des poignards, des scies, des burins, des perçoirs, des percuteurs et 23 nucléus.

Lames et scies des Réaux (dessinGérard Cordier)
Lames et scies des Réaux (dessin Gérard Cordier)

Le débitage des grandes lames pressigniennes obtenues à partir de nucléus en forme de « livres de beurre » a produit à cette époque des outils recherchés, souvent objets de prestige, qui ont été exportés jusqu’en Suisse et aux Pays-Bas. Voir à ce sujet Pierre Thomas (professeur au laboratoire de géologie de Lyon) : Les livres de beurre et les lames de silex néolithique au Grand-Pressigny (ENS Lyon) et Jérôme Primault : Exploitation et diffusion des silex de la région du Grand-Pressigny (Thèse Paris X-Nanterre). Ces « livres de beurre » étaient tellement fréquentes que beaucoup ont été utilisées pour border les jardins !

livres de beurre (photo Pierre Thomas)
livres de beurre (photo Pierre Thomas)

Le toponyme Les Gros-Chilloux (au nord-est du bourg) indique probablement l’ancienne présence, à cet endroit, de mégalithes néolithiques.

La Pierre Birette (polissoir néolithique)
La Pierre Birette (polissoir néolithique)

À La Fontaine des Ferrus (au nord-est du château), un bassin circulaire de 5 mètres de diamètre protège une source, qui était sans doute, dans l’antiquité, une source sacrée car selon la légende le diable y apparaissait parfois, les nuits de pleine lune, sous la forme d’un énorme bouc, en semant la terreur dans les environs.

Fontaine des Ferrus (photo Jean-Marie Saunier)
Fontaine des Ferrus (photo Jean-Marie Saunier)

Des domaines agricoles gallo-romains existaient sans doute à Grignon (au sud-est du bourg), où il y a une ferme abandonnée, venant de Grinionem ou « propriété de Grinius », à la Villatte (au nord-ouest du bourg, sur la rive gauche de la Claise), venant de Villetta ou « le petit domaine,  à Moisay (également au nord-ouest du bourg, sur la rive gauche de la Claise), venant Mosiacus ou « domaine de Mausios (patronyme gaulois) » et à Valençay (au sud-ouest du bourg, sur la rive gauche de la Claise), venant de Valentiacus ou « domaine du Fort ». Une villa gallo-romaine a aussi été découverte à la Blanchetière, au nord-ouest du bourg, près de la limite avec la commune d’Abilly.

La Villatte (10 mars 2019)
La Villatte (10 mars 2019)

Le Musée de la préhistoire : ouvert de janvier à mars et d’octobre à décembre, tous les jours, sauf le mardi, de 10 h. à 12h30 et de 14 h. à 17 h., d’avril à juin et en septembre, tous les jours de 10 h. à 18 h., en juillet et août, tous les jours de 10 h. à 19 h. Tél. 02 47 94 90 20.

Le Grand Pressigny, château et musée (avril 2018)
Le Grand Pressigny, château et musée (avril 2018)

Un premier musée fut créé dans la mairie en 1922 à l’initiative du docteur Edmond Chaumier et, après l’aménagement d’une partie du château Renaissance en 1952, sous la surveillance de Gérard Cordier, l’ensemble des collections y fut transféré et le nouveau musée fut inauguré en 1955. Après une première rénovation en 1991, un projet de rénovation et d’extension, dessiné par l’architecte allemand Bernd Hoge, fut réalisé en 2009.

"Livre de beurre" du Grand-Pressigny (AMGP)
« Livre de beurre » du Grand-Pressigny (AMGP)

Ce magnifique musée rassemble des collections correspondant aux différentes cultures qui se sont succédé dans la région du paléolithique à l’âge du bronze, avec une attention particulière sur les quantités importantes d’outils en silex.

Le Grand-Pressigny, déesse-mère (Photo PCIL)
Le Grand-Pressigny, déesse-mère (Photo PCIL)

On peut aussi voir dans la cour du musée la Pierre Birette, polissoir néolithique (voir ci-dessus) provenant du Petit-Pressigny (voir cette commune). 

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