HISTOIRE

 

Cette commune, une des plus étendues du département, a pris la place d’une agglomération appelée en 774 Brigogalum, comme l’indique le cartulaire de l’abbaye Saint-Martin de Tours, toponyme gallo-romain signifiant « lieu fortifié » mais au 11ème siècle la paroisse a pris le nom de Sanctus Spinus : jeune homme qui, avec ses frères et sa mère Sainte Maure, aurait été massacré dans la région (voir Theillé, ci-après).

Vue générale (Carte Postale Ploquin)
Vue générale (Carte Postale Ploquin)

Toute la région a été occupée à l’époque préhistorique ; en témoigne à Saint-Épain, le souterrain refuge, dit la Cave Fourte, situé près de la ferme de la Morinière et dont les premiers aménagements remonteraient au néolithique.

Voir : http://touraine-insolite.clicforum.fr/t742-Souterrains-de-Saint-Epain.htm

la cave fourte 

Des habitations troglodytiques, occupées également au néolithique, existent au-dessus de ce souterrain refuge au lieu-dit les Bardons, toponyme venant du gaulois barodunum (colline fortifiée) ainsi que sur la rive droite de la vallée du Courtineau (voir ci-après La vallée de Courtineau).

 

Emplacement de la Cave Fourte (janvier 2016)
Emplacement de la Cave Fourte (janvier 2016)

À l’époque gallo-romaine, Brigogalum fut sans doute une agglomération importante, au croisement de deux voies : celle qui allait de Mantalomagum (Manthelan) à Caino (Chinon) et celle qui allait de Limonum (Poitiers), capitale du peuple gaulois des Pictons à Caesarodunum (Tours), ville principale des Turons, après la conquête romaine.

 La première arrivait sur le territoire de la commune actuelle aux Maisons Rouges, toponyme qui indique souvent un site gallo-romain, à côté de Vrillé, dont le nom vient de Apriliacum ou domaine de Celui qui est né en avril. Elle continuait ensuite, par l’actuelle D101, en passant à la Morinière puis à la Billette, toponyme qui désigne généralement un endroit où un petit panneau en bois signalait un péage ou un octroi et se dirigeait, par l’actuelle D21, vers le centre de l’agglomération en longeant la propriété du château de Montgoger. 

Vrillé (janvier 2016)
Vrillé (janvier 2016)

La seconde voie, plus importante passait par Nogastrum (Nouâtre), entrait sur le territoire de la commune actuelle à un lieu-dit également nommé la Billette puis passait à La Motte du donjon, où se trouvent les vestiges d’un ancien château médiéval et au Louriou, dont le nom vient peut-être du latin oratorium (lieu de prière), où un site gallo-romain a été repéré. 

La voie romaine Poitiers/Tours à l'entrée de Saint-Épain
La voie romaine Poitiers/Tours à l’entrée de Saint-Épain

Elle entrait dans Brigogalum au lieu-dit la Boue (du gaulois bawa = lieu fangeux), où elle franchissait la Manse près de son confluent avec le Ruisseau de Montgoger, puis continuait, à la sortie de l’agglomération, par l’actuelle D8, avec une tranchée creusée dans la roche, en direction de Rotomagum (Pont-de-Ruan). Elle est encore bien visible, sur la commune de Thilouze, sous le nom de Voie ferrée.

 

Sortie de Saint-Épain en direction de Thilouze
Sortie de Saint-Épain en direction de Thilouze (janvier 2011)

Le croisement entre ces deux voies se situait, à la sortie de Saint-Épain, là où se croisent aujourd’hui les D57, D8 (en direction de Thilouze) et D21, en direction de Crissay-sur-Manse, où passait la voie Manthelan/Chinon, après avoir quitté le territoire de la commune à un endroit appelé la Maison Rouge.

 

Voie romaine en provenance de Nouâtre (septembre 2010)
Voie romaine en provenance de Nouâtre (septembre 2010)

Des domaines agricoles existaient aussi à Épeigné (de Spaniacum ou domaine de l’Espagnol), à Le Biré (de Burracum ou domaine du Roux) et à Peigné (de Paniacum ou domaine du pain).

 

La Motte du donjon (novembre 2010)
La Motte du donjon (novembre 2010)

Pendant une grande partie du Moyen-Âge, Saint-Épain fut l’objet de rivalités entre les chanoines de la collégiale Saint-Martin de Tours, propriétaires en titre de la ville, et les seigneurs de Sainte-Maure, qui possédaient le château de Montgoger (Voir ci-après) et qui revendiquaient le bourg. Vers 1150, Hugues II de Sainte-Maure voulut percevoir des impôts sur les habitants et les astreindre à des corvées ; excommunié, ce dernier finit par faire amende honorable devant le tombeau de Saint Martin. Près de 100 ans plus tard, son arrière-petit-fils : Josbert de Sainte-Maure, s’empara de la bourgade et n’accepta de la quitter qu’en échange d’une forte compensation financière.

 

Montgoger (septembre 2010)
Montgoger (septembre 2010)

En 1437, le roi Charles VII autorise les chanoines à relever les fortifications de l’une « des plus belles villes champêtres et des plus marchandes du pays de Touraine, bien peuplée et garnie de beaux édifices ». La ville, en effet, était alors entourée de remparts dont les vestiges se trouvent derrière l’église. 

 

Ancien couvent de l'Hommelaye (janvier 2016)
Ancien couvent de l’Homelaye (janvier 2016)

En 1502, François de Baraton, époux d’Antoinette de Sainte-Maure et Grand Échanson du roi François 1er, propriétaire du château de Montgoger, fonda au pied de ce château le couvent de l’Homelaye (Voir ci-après).

 

La Boue (septembre 2010)
La Boue (septembre 2010)

Comme on l’ignore souvent, lors de la guerre de 1870, l’armée prussienne arriva jusque dans la région de Sainte-Maure, qu’elle occupa du 7 février au 7 mars 1871, ainsi qu’en témoignent les trois noms prussiens écrits en gothique sur le moulin de Rougemont près des Perrotins (Voir la partie ci-après).

 

Une personne a commenté “Saint-Epain

  • pmd a écrit le :

    Quatre villae gallo-romaines se trouvaient sur le territoire actuel de Saint-Épain :
    Épeigné de Spaniacum = domaine de l’Espagnol
    Le Biré de Burriacum = domaine du Rouquin
    Peigné de Paniacum = domaine du Pain
    Vrillé d’Apriliacum = domaine de Celui qui est né en avril

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