HISTOIRE

 

Cette commune, une des plus étendues du département, a pris la place d’une agglomération appelée en 774 Brigogalum, comme l’indique le cartulaire de l’abbaye Saint-Martin de Tours, toponyme gallo-romain signifiant « lieu fortifié » mais au 11ème siècle la paroisse a pris le nom de Sanctus Spinus : jeune homme qui, avec ses frères et sa mère Sainte Maure, aurait été massacré dans la région (voir Theillé, ci-après).

Vue générale (Carte Postale Ploquin)
Vue générale (Carte Postale Ploquin)

Des outils du paléolithique et du néolithique ont été découverts à La Loutière (sud-est) et toute la région fut largement habitée au néolithique (voir ci-après). Des silex taillés ont été trouvés aux Roches (à l’est), sur la rive droite de la Manse.

Le toponyme La Pierre Blanche (au nord-est) rappelle peut-être l’existence d’un mégalithe disparu.

Entrée de La Cave Fourte (photo Ernest Montrot)
Entrée de La Cave Fourte (photo Ernest Montrot)

Le souterrain refuge, dit la Cave Fourte, situé près de la ferme de la Morinière (nord-est), a été aménagé, selon certains dès l’époque néolithique ou à l’époque gauloise selon d’autres (Voir Ernest Montrot in BAVC 4.8 1943). On peut le visiter soit pendant les Journées du Patrimoine soit en en faisant la demande au propriétaire qui gère des gites à proximité.

Voir aussi  : http://touraine-insolite.clicforum.fr/t742-Souterrains-de-Saint-Epain.htm

Plan Ernest Montrot
Plan Ernest Montrot

Des habitations troglodytiques, occupées également au néolithique, existent au-dessus de ce souterrain refuge au lieu-dit les Bardons, toponyme venant du gaulois barodunum (colline fortifiée) ainsi que sur la rive droite de la vallée du Courtineau (voir ci-après La vallée de Courtineau).

 

Emplacement de la Cave Fourte (janvier 2016)
Emplacement de la Cave Fourte (janvier 2016)

Des domaines agricoles gallo-romains existaient sans doute à La Chichery (sud-ouest, venant de Caducariacus ou « domaine de l’Épileptique), à Peigné (sud-est), venant de Paniacus ou « domaine du Pain » et à Vrillé (nord-est), venant de Apriliacus ou « domaine de Celui qui est né en avril ».

Vrillé (janvier 2016)
Vrillé (janvier 2016)

Deux voies gallo-romaines se croisaient à Saint-Épain :

La voie romaine Poitiers/Tours à l'entrée de Saint-Épain
La voie romaine Poitiers/Tours à l’entrée de Saint-Épain

La grande voie qui allait du sud au nord, arrivant de NogastrumNouâtre.

 

Voie romaine en provenance de Nouâtre (septembre 2010)
Voie romaine en provenance de Nouâtre (septembre 2010)

Elle entrait sur le territoire de la commune actuelle au lieu-dit la Billette (toponyme indiquant un octroi) puis passait à La Motte du donjon, où se trouvent les vestiges d’un ancien château médiéval et au Louriou, dont le nom vient peut-être du latin oratorium (lieu de prière), où un site gallo-romain a été repéré. 

La Motte du donjon (novembre 2010)

La Motte du donjon (novembre 2010)

Elle arrivait à Brigogalum au lieu-dit la Boue (du gaulois bawa = lieu fangeux), où elle franchissait la Manse près de son confluent avec le Ruisseau de Montgoger, puis continuait, à la sortie de l’agglomération, par l’actuelle D 8, avec une tranchée creusée dans la roche, en direction de Rotomagos = Pont-de-Ruan.

 

Sortie de Saint-Épain en direction de Thilouze
Sortie de Saint-Épain en direction de Thilouze (janvier 2011)

Un peu avant la sortie de la commune, elle croisait une voie allant de Chinon à Loches, sans doute continuée par la D 21.

La Maison Rouge (décembre 2011)
La Maison Rouge (décembre 2011)

Venant de Crissay-sur-Manse, cette voie entrait sur le territoire de la commune à côté de la Maison Rouge. Après le croisement, la D 21 passe au pied des ruines du château de Montgoger (Mons Gaugerii : la colline de Gaugerius) au 13ème siècle.

La Billette (décembre 2011)
La Billette (décembre 2011)

Au carrefour de la Billette, la voie est sans doute continuée par l’actuelle route des Aiguilliers, qui passe en-dessous de plusieurs sites troglodytiques et néolithiques, dont celui du souterrain-refuge de La Cave Fourte, près de la Morinière, puis continuait en direction de Sainte-Catherine de Fierbois (voir cette commune), en passant près des Maisons Rouges et de Vrillé.

Les Maisons Rouges (décembre 2011)
Les Maisons Rouges (décembre 2011)

Pendant une grande partie du Moyen-Âge, Saint-Épain fut l’objet de rivalités entre les chanoines de la collégiale Saint-Martin de Tours, propriétaires en titre de la ville, et les seigneurs de Sainte-Maure, qui possédaient le château de Montgoger (Voir ci-après) et qui revendiquaient le bourg. Vers 1150, Hugues II de Sainte-Maure voulut percevoir des impôts sur les habitants et les astreindre à des corvées ; excommunié, ce dernier finit par faire amende honorable devant le tombeau de Saint Martin. Près de 100 ans plus tard, son arrière-petit-fils : Josbert de Sainte-Maure, s’empara de la bourgade et n’accepta de la quitter qu’en échange d’une forte compensation financière.

 

Montgoger (septembre 2010)
Montgoger (septembre 2010)

En 1437, le roi Charles VII autorise les chanoines à relever les fortifications de l’une « des plus belles villes champêtres et des plus marchandes du pays de Touraine, bien peuplée et garnie de beaux édifices ». La ville, en effet, était alors entourée de remparts dont les vestiges se trouvent derrière l’église. 

 

Ancien couvent de l'Hommelaye (janvier 2016)
Ancien couvent de l’Homelaye (janvier 2016)

En 1502, François de Baraton, époux d’Antoinette de Sainte-Maure et Grand Échanson du roi François 1er, propriétaire du château de Montgoger, fonda au pied de ce château le couvent de l’Homelaye (Voir ci-après).

 

La Boue (septembre 2010)
La Boue (septembre 2010)

Comme on l’ignore souvent, lors de la guerre de 1870, l’armée prussienne arriva jusque dans la région de Sainte-Maure, qu’elle occupa du 7 février au 7 mars 1871, ainsi qu’en témoignent les trois noms prussiens écrits en gothique sur le moulin de Rougemont près des Perrotins (Voir la partie ci-après).

 

3 ont commenté “Saint-Epain

  • pmd a écrit le :

    Quatre villae gallo-romaines se trouvaient sur le territoire actuel de Saint-Épain :
    Épeigné de Spaniacum = domaine de l’Espagnol
    Le Biré de Burriacum = domaine du Rouquin
    Peigné de Paniacum = domaine du Pain
    Vrillé d’Apriliacum = domaine de Celui qui est né en avril

    Répondre
  • Jean François Queneau a écrit le :

    Quelques erreur dans votre texte: Raymond Queneau est venue à St Epain pour des vacances, mais à la Touche et pas a la Deniserie. Les Queneau étaient des métayers, et la Touche n’appartient pas a la famille !
    Cordialement
    Jeff Queneau

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