Antoine Billot, né en 1961, est aussi l’auteur de Le désarroi de l’élève Wittgenstein (2003) et de La part de l’absent (2004). Il est également agrégé d’économie et docteur en sciences économiques ; l’une de ses spécialités est, paraît-il « l équilibre général avec préférences floues » et, d’une certaine manière, il est resté dans sa spécialité en écrivant Monsieur Bovary (Gallimard, 2006).

Antoine Billot

Tous ceux (et j’en suis) qui ont secrètement rêvé de devenir l’amant d’Emma Bovary liront avec une grande délectation, teintée d’un certain voyeurisme, les confessions de ce cocu même pas magnifique que fut Charles Bovary.

Emma Bovary

« Une dizaine de cahiers manuscrits en mauvais état mais cependant lisibles furent découverts au début de ce siècle dans le grenier d’une maison des alentours de Ry. » Ces cahiers, écrits par un certain B., contiennent des extraits du journal intime de Charles Bovary et ont sans doute été écrits par un de ces condisciples du collège de Rouen, étrangement présent au début du roman de Flaubert, qui, faut-il le rappeler commence par ces mots : « Nous étions à l’étude, quand le Proviseur entra, suivi d’un nouveau habillé en bourgeois et d’un garçon de classe qui portait un grand pupitre.»

Gustave Flaubert

Quoiqu’il en soit, ces cahiers nous font relire le roman de Flaubert du point de vue de Charles et le plaisir est double : d’un côté, tout est conforme à Madame Bovary, qu’Antoine Billot exploite dans ses moindres détails, souvent oubliés et souvent  révélateurs mais d’un autre côté, tout est différent puisque la focalisation est inversée. C’est un bel exercice de style et de littérature mais ce roman d’Antoine Billot cause aussi une sorte de vertige doux-amer, celui que l’on éprouve quand on s’aperçoit que la réalité est tout autre que celle imaginée.

 

Une personne a commenté “Antoine Billot

  • Courtois a écrit le :

    Je viens de lire La conjecture de Syracuse. Les 80 100 premières pages m’ont promis une excellent livre : notes de lecture, topogramme, découverte de ,a conjecture de Syracuse, malheureusement le reste du l’ouvrage m’a déçu. Peut-être trop de l’auteur et pas assez de développement…
    Bref, je suis resté sur ma faim.
    Jean-Michel COURTOIS

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