Rebecca : explication et résumé de la fin du livre

Dans l’ombre étrange de Manderley, une fin inoubliable

Plongeant ses lecteurs dans l’incertitude avec chaque tour de page, l’écrivaine britannique Daphné du Maurier a réussi à créer une atmosphère captivante et mystérieuse dans son roman « Rebecca ». Publié en 1938, ce roman gothique est raconté du point de vue de la deuxième épouse de Maxim de Winter, dont le prénom n’est jamais révélé, qui se débat pour sortir de l’ombre omniprésente de Rebecca, la première femme de Maxim. Mais que révèle vraiment la conclusion de cette œuvre énigmatique ?

L’insoutenable vérité derrière Rebecca

Véritable tour de force narratif, Du Maurier utilise les dernières sections de son livre pour renverser complètement la perception des lecteurs. La sympathie que nous avions jusque-là réservée à Rebecca, l’épouse décédée, se révèle être le plus grand des détournements. Dans un rebondissement inattendu, Maxim avoue qu’il n’était pas le mari dévasté que l’on croyait.

Au contraire, sa première femme, Rebecca, n’était pas la sainte femme que tous à Manderley croyaient. Infidèle et manipulatrice, elle réussit à faire croire à tous qu’elle était la parfaite maîtresse de maison. Mais la réalité, avoue Maxim, est qu’il n’a jamais aimé Rebecca et que son décès n’était pas accidentel. Il l’a tuée dans un accès de rage, après qu’elle lui a raconté ses nombreuses aventures et prétendu être enceinte d’un autre homme.

Une tournure d’événements saisissante

Si Du Maurier a surpris ses lecteurs avec la révélation du sordide secret de Maxim, elle ne s’arrête pas là. La tournure véritablement captivante de l’intrigue arrive lors de l’enquête sur la découverte du bateau de Rebecca qui contient son corps. Le médecin légiste conclut qu’elle était mortellement malade, souffrant d’un cancer en phase terminale, et qu’elle ne pouvait concevoir.

Cette découverte nous amène à penser que Rebecca a provoqué délibérément Maxim en lui laissant penser qu’elle était enceinte d’un autre homme. Elle avait clairement l’intention de le conduire à commettre un acte de violence qu’elle savait inévitable compte tenu de sa nature colérique.

Une fin brûlante : Les cendres de Manderley

Le roman s’achève sur des notes de vengeance et de destruction. Mrs Danvers, la gouvernante dévouée à Rebecca jusqu’à la mort, semble être celle qui précipite la chute de Manderley en l’incendiant, en signe de protestation après que le secret de Rebecca a été dévoilé.

L’image finale du domaine de Manderley en flammes, éclairant le ciel nocturne, est l’une des plus marquantes du roman. Elle symbolise la destruction du passé et la fin du règne fantomatique de Rebecca. Maxim et la deuxième Mrs. de Winter, qui ont vécu dans l’ombre de Rebecca, peuvent enfin être libérés de ce poids et cette façade qui ont empoisonné leur vie.

Rebecca : un tourbillon de mystères jusqu’à la dernière page

En fin de compte, « Rebecca » est un roman qui repousse continuellement les limites de la réalité et de la perception. Même après la dernière page, les lecteurs se retrouvent à interpréter et à repenser ce qu’ils ont lu. Les personnages principaux, le lecteur et Manderley lui-même sont piégés dans une toile tissée par Rebecca, qui continue à tirer les ficelles bien après sa mort.

Dans un dernier éclat de génie, Daphné Du Maurier utilise la fin de son roman pour offrir une vision problématique de la narration, de l’amour et du souvenir. Pour les personnages, et par extension pour les lecteurs, Rebecca vivra toujours, hantant leurs pensées et leurs souvenirs à travers le prisme déformant du regret et de la culpabilité.